Quelle est la place du corps en thérapie?
Dans de nombreuses pratiques thérapeutiques, le corps reste encore pensé comme un simple support de la psyché, voire comme un reflet secondaire des processus psychologiques.
Ce webinaire propose un déplacement majeur : considérer le corps comme la première interface relationnelle, au cœur même de l’expérience thérapeutique.
Animée par le Dr Éric Bardot et le Dr Bruno Dubos, cette rencontre interroge la place du corps non pas en soi, mais en relation : relation au monde, à l’autre et à soi-même, dans l’ici et maintenant de la thérapie.
Ce que ce webinaire éclaire sur le corps en thérapie
L’un des axes centraux développés est la remise en question de la dissociation classique entre corps et psyché.
Les intervenants soulignent que le corps ne peut être réduit à une dimension biologique ou instrumentale : il est engagé en permanence dans la relation.
Le corps :
- perçoit, anticipe et ajuste,
- exprime des intentions relationnelles,
- participe activement aux processus de rencontre, d’accordage et de transformation.
Dans cette perspective, toute expérience thérapeutique est d’abord une expérience corporelle partagée, avant même toute élaboration symbolique ou verbale.
Le corps comme interface relationnelle fondamentale
Selon la lecture proposée, le corps constitue la base sur laquelle se construisent les représentations psychiques, les émotions et les croyances.
Il n’est donc pas un simple miroir de la psyché, mais un acteur à part entière du processus relationnel.
Deux grands mouvements relationnels fondamentaux sont décrits :
- le mouvement d’aller vers,
- le mouvement de réceptivité.
Ces mouvements s’expriment concrètement à travers le tonus, le rythme, la posture, la respiration, l’axe corporel ou encore la qualité de présence.
Lorsque ces mouvements ne peuvent plus s’exercer de manière fluide et sécurisée, la relation – et donc le processus thérapeutique – se rigidifie.
Expérience vécue et sécurité relationnelle
Un point essentiel du webinaire concerne la distinction entre :
- penser la sécurité,
- et vivre une expérience de sécurité.
Les intervenants rappellent que ce ne sont pas les représentations mentales qui restaurent la confiance, mais la répétition d’expériences relationnelles sécurisées, impliquant le corps du patient et celui du thérapeute.
La relation thérapeutique devient alors un espace où :
- le corps peut se remettre en mouvement,
- les débordements émotionnels peuvent être contenus,
- les intentions relationnelles peuvent à nouveau s’incarner.
Chaînes d’expérience et processus d’apprentissage
Le webinaire introduit la notion de chaînes d’expérience, entendues comme des enchaînements dynamiques entre :
- le sensorimoteur,
- l’émotionnel,
- et les représentations psychiques.
Ces chaînes sont vivantes, transversales et contextuelles.
La thérapie vise à permettre l’émergence de nouvelles chaînes d’expérience, plus ajustées, dans l’ici et maintenant de la relation.
Le corps du thérapeute dans la relation thérapeutique
Le webinaire insiste sur un point souvent sous-estimé : le thérapeute a lui aussi un corps, engagé dans la relation.
Son corps participe pleinement :
- à la synchronisation,
- à l’accordage,
- à la co-construction de l’expérience relationnelle.
L’utilisation consciente du rythme, de la posture et de la présence corporelle constitue un préalable essentiel, notamment dans les situations de figement, d’effondrement ou de débordement émotionnel.
Dissociation, réassociation et ici-et-maintenant
La dissociation est abordée de manière nuancée.
Plutôt que d’être envisagée uniquement comme un mécanisme à corriger, elle est décrite comme une modalité relationnelle souvent protectrice, nécessitant reconnaissance et ajustement.
La réassociation ne se décrète pas :
elle se vit dans une expérience corporelle partagée, ancrée dans le présent.
Corps, singularité et appartenance
Un autre axe fort du webinaire concerne la tension entre :
- la singularité de l’expérience corporelle,
- et l’appartenance à une communauté humaine.
La thérapie devient alors un lieu où cette articulation peut se reconstruire, en dehors des normes rigides et des représentations figées.
Une approche incarnée face aux enjeux contemporains
Dans un contexte marqué par une crise des liens humains, redonner une place centrale au corps en relation apparaît comme une condition essentielle pour :
- restaurer la capacité à être en lien,
- soutenir les processus de croissance,
- permettre l’émergence d’histoires de vie plus vivantes et ajustées.
FAQ – Corps et relation thérapeutique
Pourquoi le corps est-il central dans la relation thérapeutique ?
Parce qu’il constitue la première interface relationnelle et le support de toute expérience vécue.
Le travail corporel remplace-t-il la parole ?
Non. Il la complète et la soutient, en l’ancrant dans l’expérience.
Quel rôle joue le corps du thérapeute ?
Il participe à la synchronisation, à l’accordage et à la sécurité relationnelle.
La dissociation est-elle toujours problématique ?
Non. Elle peut être une modalité protectrice nécessitant reconnaissance et ajustement.
À qui s’adresse cette approche ?
Aux professionnel·les du soin et de la relation d’aide souhaitant intégrer une lecture incarnée et relationnelle de la thérapie.
