Le concept de résilience et ses aspects actuels

Ce webinaire explore les multiples facettes de la résilience : au-delà des simplifications, une approche clinique, contextuelle et éthique d’un concept trop souvent idéalisé.

Courbe descendante puis ascendante en noir et blanc avec touches rose et violet, symbolisant la résilience.
Le concept de résilience et ses aspects actuels

En bref

Ce que ce webinaire éclaire sur le concept de résilience

  • la résilience n’est pas un état mais un processus complexe, jamais garanti ;
  • elle dépend de facteurs psychiques, relationnels et sociaux, et n’est ni linéaire ni automatique ;
  • l’usage médiatique de la résilience peut devenir une injonction morale ;
  • mettre en récit l’épreuve permet parfois une reconstruction, mais jamais un retour à l’identique ;
  • les cliniciens sont invités à respecter le rythme singulier, sans imposer un idéal résilient.
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Origines et évolution du concept de résilience

Webinaire de l’Institut Mimethys

Ce webinaire s’inscrit dans le prolongement des réflexions menées par Mimethys autour des notions de traumatisme, de sidération, d’effondrement et de renaissance, développées lors des congrès précédents.

Il propose un travail approfondi sur le concept de résilience, largement utilisé aujourd’hui, mais aussi souvent simplifié, idéalisé, voire instrumentalisé.

À travers un dialogue entre Marie Anaut et Dr Eric Bardot, ce webinaire vise à recontextualiser, complexifier et interroger les usages contemporains de la résilience, tant sur le plan clinique que sociétal.

Marie Anaut revient sur les origines du concept, emprunté initialement à la physique, puis progressivement intégré aux sciences humaines.

Dans le champ de la psychologie et de la clinique, la résilience a permis de penser les trajectoires post-traumatiques autrement que sous l’angle exclusif du déficit ou de la pathologie.

Cependant, le webinaire souligne que cette évolution s’est accompagnée d’un glissement progressif :

  • d’un concept descriptif vers un idéal normatif ;
  • d’un processus complexe vers une attente implicite de réparation rapide.

Résilience et traumatisme : une relation non linéaire

Le webinaire insiste sur un point fondamental : il n’existe pas de lien mécanique entre traumatisme et résilience.

Deux personnes exposées à des événements similaires peuvent développer des trajectoires radicalement différentes.

La résilience dépend :

  • de la nature du traumatisme (ponctuel ou chronique) ;
  • de l’âge au moment de l’exposition ;
  • de l’environnement relationnel ;
  • des ressources internes et externes disponibles.

Il n’y a ni modèle unique, ni temporalité universelle.

Processus intrapsychiques et interactionnels

La résilience est présentée comme un processus dynamique, à la fois intrapsychique et interactionnel.

Sur le plan intrapsychique, elle engage :

  • les capacités de symbolisation ;
  • les mécanismes d’élaboration ;
  • le rapport au sens et au récit.

Sur le plan interactionnel, elle dépend :

  • de la qualité des liens ;
  • des soutiens disponibles ;
  • de la reconnaissance de l’épreuve vécue.

Aucun de ces niveaux ne peut être pensé isolément.

Deux piliers reliés par des flèches qui vont et viennent, en noir et blanc avec touches rose et violet.
La résilience : entre élaboration interne et soutien relationnel.
Cercle protecteur autour d’un noyau lumineux, en noir et blanc avec touches rose et violet représentant le concept de résilience
Un noyau protégé par un ensemble de ressources internes et externes.

Ressources, facteurs de protection et tuteurs de résilience

Le webinaire distingue clairement plusieurs notions souvent confondues :

  • les ressources internes (capacités psychiques, créativité, langage) ;
  • les ressources externes (liens, institutions, cadre) ;
  • les facteurs de protection ;
  • les tuteurs de résilience.

Ces derniers ne sont pas nécessairement des figures idéales. Ils peuvent être :

  • des personnes ;
  • des expériences ;
  • des activités ;
  • ou des cadres qui permettent, à un moment donné, un appui suffisant pour continuer à avancer.

Le rôle central du récit et du langage

Un axe majeur du webinaire concerne la mise en récit.

La résilience ne passe pas par l’oubli, mais par la possibilité de mettre en mots, de donner forme à l’expérience traumatique.

Le langage permet :

  • de transformer une expérience brute en histoire partageable ;
  • de réinscrire l’événement dans une continuité biographique ;
  • de produire du sens, même partiel.

Sans récit, le traumatisme tend à se répéter ou à se figer.

Un nœud dense et emmêlé en noir et blanc avec touches rose et violet, symbolisant l’expérience brute.
Le récit transforme l’expérience brute en histoire partageable.

Résilience et transmission transgénérationnelle

Les échanges abordent également la question de la transmission.

Ce qui n’est pas élaboré peut se transmettre de manière indirecte, à travers :

  • des silences ;
  • des affects ;
  • des répétitions.

La résilience peut alors concerner non seulement l’individu, mais aussi :

  • la famille ;
  • le groupe ;
  • voire le collectif.

Cette dimension transgénérationnelle complexifie encore la compréhension du processus.

Maillon de chaîne partiellement entouré d’un fil doré, en noir et blanc avec touches rose et violet.
Ce qui se transmet peut être blessure… ou point d’appui.

Résilience individuelle, familiale et collective

Le webinaire distingue clairement :

  • la résilience individuelle ;
  • la résilience familiale ;
  • la résilience collective.

Ces niveaux interagissent, mais ne se confondent pas.

Une société peut, par exemple, promouvoir un discours sur la résilience individuelle tout en fragilisant les cadres collectifs nécessaires à son émergence.

Individu debout au centre de cercles concentriques, en noir et blanc avec touches rose et violet.
La résilience se déploie en cercles : soi, les proches, le collectif.

Les limites du concept de résilience

Une part importante du webinaire est consacrée aux limites du concept.

Le terme de résilience est aujourd’hui :

  • largement médiatisé ;
  • parfois utilisé comme injonction à s’adapter ;
  • mobilisé pour masquer des responsabilités institutionnelles ou politiques.

Dans ces usages, la résilience devient un outil de normalisation plutôt qu’un concept clinique.

Le webinaire invite à une vigilance éthique : demander à quelqu’un d’être résilient peut devenir une forme de violence symbolique.

Panneau usé portant le mot “Résilience”, devant un paysage en ruines, en noir et blanc avec touches rose et violet.
Quand la résilience devient injonction, elle masque les responsabilités collectives.

Résilience, adaptation et reconstruction

Les intervenants rappellent que la résilience ne signifie pas un retour à l’état antérieur.

Il s’agit d’une reconstruction, parfois fragile, souvent imparfaite, toujours singulière.

Certaines blessures ne disparaissent pas.

La résilience ne les annule pas, mais peut permettre une autre manière de vivre avec.

Vue du dessus de cercles concentriques entourant une silhouette individuelle, une famille et un collectif en arrière-plan, en noir et blanc avec touches rose et violet.
La résilience se déploie en cercles : du soi vers la famille, puis vers le collectif.

Une approche clinique exigeante

Ce webinaire propose une approche de la résilience :

  • non idéalisée ;
  • non héroïque ;
  • non performative.

Il invite les cliniciens à :

  • respecter le rythme des personnes ;
  • reconnaître les échecs et les impasses ;
  • ne pas transformer la résilience en objectif thérapeutique.
Deux personnes marchant côte à côte dans une forêt sombre, en noir et blanc avec touches rose et violet.
Marcher avec l’autre sans héroïser la résilience.

Des intervenants engagés dans une réflexion rigoureuse

  • Marie Anaut, professeure des universités, psychologue clinicienne, spécialiste des trajectoires traumatiques et de la résilience ;
  • Dr Eric Bardot, psychiatre, pédopsychiatre, directeur de l’Institut Mimethys.
Livre ouvert illuminé par un point d’interrogation, en noir et blanc avec touches rose et violet.
Une réflexion exigeante sur les trajectoires de vie et la résilience.

Questions autour du concept de résilience

Non. Elle correspond à un processus, dépendant du contexte et des interactions.

Le concept est indissociable de l’épreuve traumatique ou de l’adversité.

Elle ne peut jamais être exigée. Elle émerge ou non, selon les conditions.

 

Non. Certains traumatismes rendent la mise en mots très difficile, voire impossible pendant longtemps.

Oui. Le webinaire insiste sur la nécessité de ne pas en faire un mot-valise ou une injonction.

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