Qu'est-ce que le dessin orienté solution ?
Le dessin orienté solution à est une pratique psychothérapique développée par le Dr Éric Bardot.
Elle repose sur l’utilisation du dessin dans une logique de pensée systémique et de transe hypnotique par l’acte graphomoteur, afin de travailler non pas sur l’interprétation des dessins, mais sur les interactions entre les dessins, entre les éléments du dessin et entre les parties et le tout.
En bref
Ce que cette approche permet de poser dès le départ
Cette pratique thérapeutique basée sur le dessin s’adresse aux situations dans lesquelles la personne présente une grande difficulté à mettre en forme sa problématique, à en parler, ou à entrer dans l’expérientiel.
Le dessin orienté solution devient alors un support central du travail thérapeutique.
Il ne s’agit ni d’interpréter le dessin, ni de parler sur le dessin, mais de travailler avec ce qui est réellement dessiné sur la feuille, et avec ce que la personne en dit, en observant les interactions entre les dessins et les processus qu’ils rendent visibles.
Une pratique psychothérapique construite à partir du dessin
La thérapie brève stratégique orientée solution à travers le dessin s’est développée à partir de situations cliniques concrètes, notamment avec des adolescents et des patients présentant un vécu dépressif et une difficulté importante à parler.
Dans ces situations, le dessin comme mode d’expression non verbal permet de mobiliser un autre mode d’expression que le verbal.
La majeure partie du travail thérapeutique peut alors se dérouler à travers le dessin.
Chaque dessin thérapeutique demande du temps.
Dans la pratique présentée, un dessin mobilise environ vingt minutes de séance.
Le rythme du dessin fait partie intégrante du processus.
Le dispositif des quatre dessins
Le travail s’organise autour d’un dispositif thérapeutique structuré, sur une feuille divisée en quatre espaces.
Le premier dessin : le problème
La personne est invitée à dessiner le problème actuel : ce qui la met en difficulté aujourd’hui, dans un des quatre coins de la feuille. Ce dessin du problème permet de rendre visible la problématique telle qu’elle est vécue, sans passer par la mentalisation.
Le deuxième dessin : le problème réglé
Lors d’une séance suivante, la personne réalise un dessin du problème réglé : sa propre représentation d’une problématique résolue. Ce dessin n’est pas une solution prescrite, mais une vision subjective d’un futur possible.
Le troisième dessin : le dessin libre
La personne réalise un dessin libre, sans lien avec la problématique. Ce dessin introduit un espace hors problème, permettant d’ouvrir un autre registre d’expérience.
Le quatrième dessin : le dessin synthèse
Le dessin synthèse mobilise la communication hypnotique. La personne observe les trois dessins et laisse émerger un nouveau dessin, qui prend forme puis est dessiné dans le dernier coin. Le terme dessin synthèse est un langage professionnel destiné aux thérapeutes.
Le travail du chemin : visualiser le processus
Après le quatrième dessin, la personne est invitée à tracer un chemin entre deux dessins choisis (point de départ et point d’arrivée). Ce chemin thérapeutique dessiné rend visible la manière dont la personne se représente le passage d’un état à un autre.
- Le chemin peut passer par un ou plusieurs dessins, ou par aucun dessin.
- Il peut avoir la forme et la longueur de son choix.
- La suggestion sature les possibles et soutient une visualisation du processus en cours.
La boucle dépressive et ses transformations
Dans certaines situations, le chemin dessiné prend la forme d’une boucle fermée. Cette boucle signe un processus dépressif : même lorsqu’un futur possible est envisagé, la personne revient au point de départ.
Lors des séances suivantes, le chemin peut être modifié. Ces modifications traduisent une transformation du processus. Le chemin peut aussi servir d’échelle de progression, expliquant la présence de dates sur certains parcours.
Le travail avec les obstacles, les ressources et l’action
À partir du chemin, la personne imagine et dessine au moins trois obstacles, correspondant aux trois niveaux logiques :
- l’immédiat
- l’expérientiel
- le processus émergent
Pour chacun des obstacles, la personne dessine une ressource (ce qui aide à franchir l’obstacle), puis une action (ce qui permet le franchissement).
Il s’agit donc de trois obstacles, trois ressources et trois actions.
Observer comment la personne se saisit des consignes
Les consignes n’ont pas pour fonction de contraindre la personne, mais d’observer comment elle utilise la suggestion.
Ce qui est observé :
- ce que la personne dit avoir dessiné
- ce qui est réellement dessiné sur la feuille
Le travail consiste à connecter la personne à ce qui est effectivement présent sur le dessin, et non à une interprétation.
Des question sur cette approche ?
Mentalisation, expérientiel et acte graphomoteur
Lorsque la personne reste dans la mentalisation, le dessin prend souvent la forme de signes ou de codes. À mesure que le travail entre dans l’espace ressource, le dessin devient de plus en plus un dessin, de moins en moins un code.
Le passage par l’acte graphomoteur permet d’entrer dans l’expérientiel. C’est à partir du corps relationnel et de l’expérience corporelle que peut s’exprimer l’agir créatif.
Travailler sur les interactions, pas sur le contenu
Cette pratique consiste à travailler sur :
- les interactions entre les dessins
- les interactions entre les éléments du dessin
- les relations entre les parties et le tout
- les différents niveaux logiques
- le cadre et le contenu
Le travail se situe dans le jeu entre ces niveaux, et non dans une lecture symbolique figée.
Conditions pour utiliser le dessn orienté solution
Pour utiliser cette pratique, le thérapeute doit faire l’apprentissage :
- du questionnement de type systémique,
- de la transe hypnotique,
- du processus d’externalisation,
- de la dimension de sécurisation,
- de la dimension du corps et de la relation.
L’enjeu est d’intégrer ces dimensions en un tout cohérent, permettant l’utilisation du dessin en thérapie brève stratégique orientée solution.
Une pratique transmise à l’Institut Mimethys
C’est dans cet esprit que les formations ont été développées à l’Institut Mimethys.
Elles visent à permettre aux thérapeutes de faire l’apprentissage de cette pratique, afin d’enrichir leur expérience de thérapeute au service des patients, y compris les patients les plus complexes, lorsqu’ils présentent une grande difficulté à mettre en forme leur problématique et à entrer dans l’expérientiel, dans la dimension corporelle du vécu.
Aller plus loin
Approfondir cette approche, en comprendre les repères et l’expérimenter en formation.
Questions fréquentes sur le dessin orienté solution
En quoi cette thérapie diffère-t-elle de l’art-thérapie ?
La thérapie brève stratégique orientée solution à travers le dessin ne vise ni l’expression artistique ni l’interprétation symbolique.
Le dessin est utilisé comme un outil opératoire, au service d’un travail sur les interactions, les processus et les changements.
L’attention porte sur ce qui est dessiné, dans quel ordre et comment les éléments interagissent, pas sur leur signification.
Faut-il savoir dessiner pour suivre cette thérapie ?
Il n’est pas nécessaire de savoir dessiner pour suivre cette thérapie.
Le dessin n’est pas évalué sur un plan esthétique ou technique.
Il s’agit d’un acte graphomoteur, accessible à tous, qui permet d’entrer dans l’expérientiel sans passer par le langage verbal.
Pourquoi travailler avec des obstacles, des ressources et des actions ?
Le travail avec des obstacles, des ressources et des actions permet de rendre visible le processus de changement.
Chaque obstacle correspond à un niveau logique distinct : immédiat, expérientiel ou émergent.
Ce dispositif permet d’observer comment la personne se représente l’action possible, plutôt que de prescrire une solution.
Cette approche repose-t-elle sur l’interprétation des dessins ?
Cette approche ne repose pas sur l’interprétation des dessins.
Le thérapeute n’attribue aucune signification symbolique aux formes, aux couleurs ou aux contenus.
Le travail porte uniquement sur les interactions entre les dessins, entre leurs éléments, et entre les parties et le tout.
