Être un thérapeute sécure : pour qui, pour quoi ?

Être un thérapeute sécure n’est ni une méthode ni une posture figée.

C’est une expérience du lien, fragile et précieuse, qui émerge parfois entre patient et thérapeute.

Phare solide dans une mer déchaînée en noir et blanc, avec touches rose et violet en arrière-plan.
Être un thérapeute sécure : pour qui, pour quoi ?

En bref

Ce que ce webinaire nous apprend sur le fait d’être sécure en thérapie

Une idée traverse l’ensemble des échanges : sécure n’est pas quelque chose que l’on produit, ni que l’on garantit.

Sécure apparaît lorsque :

  • le lien tient suffisamment ;
  • la relation ne s’effondre pas face à l’intensité ;
  • un espace devient possible pour éprouver, hésiter, se déséquilibrer.

Il ne s’agit pas d’un préalable à la thérapie.
Il s’agit de ce qui émerge parfois dans la relation — et qui peut tout aussi bien se perdre.

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Attachement et relation thérapeutique : une continuité relationnelle

Le webinaire s’appuie sur une lecture développementale claire : l’être humain se construit dans et par la relation.

Dès la petite enfance, certaines expériences sont déterminantes :

  • pouvoir s’appuyer sur un environnement relativement fiable ;
  • se sentir reconnu dans le regard de l’autre ;
  • éprouver une continuité corporelle et relationnelle ;
  • pouvoir donner du sens à ce qui est vécu.

Lorsque ces expériences font défaut, différents modes relationnels se mettent en place — retrait, hypervigilance, dépendance, désorganisation — et continuent d’influencer les relations ultérieures, y compris en thérapie.

Pourquoi certains patients ont d’abord besoin que le lien tienne ?

Les intervenants rappellent que tous les patients n’entrent pas en thérapie avec la même disponibilité relationnelle.

Chez les patients confrontés à :

  • des traumatismes complexes ;
  • des troubles de l’attachement ;
  • des parcours marqués par la négligence, l’abandon ou la violence ;

la priorité n’est pas l’élaboration cognitive ni la compréhension des symptômes.

Ce qui compte d’abord, c’est que la relation ne soit pas vécue comme une menace.

Dans ces situations, la thérapie devient avant tout un lieu de présence sécurisante, sans jugement ni contrainte.

Quand le lien se vit dans le corps

Un apport central du webinaire concerne la dimension corporelle de cette expérience.

Les patients évoquent souvent des signes très concrets :

  • une tension qui diminue ;
  • une respiration plus libre ;
  • un apaisement progressif ;
  • la possibilité de rester là sans se couper.

Ces manifestations relèvent de ce qui se passe dans le corps lorsque la relation tient.
C’est pourquoi ce travail ne peut pas reposer uniquement sur la parole.

La relation thérapeutique comme expérience nouvelle

Les échanges montrent que la relation thérapeutique peut devenir :

  • un espace d’exploration du lien ;
  • un lieu d’expérience relationnelle inédite ;
  • parfois un terrain de transformation profonde.

À travers la régularité, la cohérence et la présence du thérapeute, le patient peut éprouver une forme de continuité du lien, y compris en dehors des séances.

Cette continuité reste fragile chez les patients traumatisés, pour qui la relation a longtemps été vécue comme imprévisible ou dangereuse.

Deux personnes réparant ensemble un pont aux planches manquantes, en noir et blanc avec accents rose et violet représentant la notion de thérapeute sécure
Reconstruire un pont relationnel, une planche après l’autre.
Personne seule observant un métronome électronique posé sur une table, en noir et blanc avec accents rose et violet.
Repérer les modes relationnels et leurs rythmes internes.

Ajuster sa posture aux modes relationnels

Le webinaire souligne l’importance pour le thérapeute de repérer comment les modes relationnels s’expriment :

  • retrait, évitement, intellectualisation ;
  • agrippement, demandes excessives ;
  • oscillations entre proximité et rejet ;
  • mises à l’épreuve du lien.

Ces mouvements ne sont pas des résistances, mais des tentatives de protection.

Être un thérapeute sécure ne signifie pas répondre à toutes les demandes, mais rester lisible et ajusté, sans se rigidifier ni se perdre dans la relation.

Le thérapeute face à ses propres limites

Un aspect essentiel du webinaire concerne le thérapeute lui-même.

Accompagner des patients traumatisés expose à :

  • l’épuisement émotionnel ;
  • la confusion des places ;
  • le sauvetage compulsif ;
  • le traumatisme vicariant.

Être sécure dans la relation suppose aussi :

  • de reconnaître ses limites ;
  • de s’appuyer sur la supervision ;
  • de prendre soin de sa capacité à rester présent.

Il ne s’agit pas de toute-puissance, mais de justesse et de fiabilité.

Gouttes d’encre noire tombant dans un verre d’eau claire, en noir et blanc avec accents rose et violet.
Écouter la souffrance sans s’y dissoudre.

Cadre, limites et continuité

Contrairement aux idées reçues, les limites participent à la tenue du lien.

Un cadre clair :

  • rend la relation plus prévisible ;
  • protège le patient comme le thérapeute ;
  • soutient une confiance progressive.

La continuité — horaires, présence, cohérence — est souvent ce qui permet au lien de tenir au fil du temps.

Deux personnes face à face, séparées par une bulle protectrice translucide, en noir et blanc avec accents rose et violet.
Les limites : un espace qui protège et rend le lien possible.

Une présence humaine, pas une neutralité froide

Le webinaire insiste sur un point sensible : être sécure ne signifie pas être distant ou neutre.

Les patients sont sensibles à :

  • l’authenticité ;
  • la sincérité ;
  • la reconnaissance des limites du thérapeute ;
  • une présence humaine, non défensive.

C’est cette présence ajustée qui permet au lien de rester vivant.

Visage d’un thérapeute exprimant une émotion sincère et contenue, en noir et blanc avec touches rose et violet.
Une présence humaine et ajustée, loin de la neutralité froide.

Une posture « suffisamment bonne »

En écho à Winnicott, les intervenants rappellent une position éthique essentielle :

Le thérapeute n’a pas à être parfait, mais suffisamment bon.

Suffisamment présent.
Suffisamment fiable.
Suffisamment ajusté.

C’est dans cette humanité assumée que le lien peut tenir et que le travail thérapeutique devient possible.

Une mère tenant son nourrisson contre elle, scène en noir et blanc avec accents rose et violet.
Le thérapeute n’a pas à être parfait, mais suffisamment bon.

Des intervenants engagés dans la clinique du lien

Ce webinaire réunit deux praticiens aux regards complémentaires :

Deux intervenants en noir et blanc, en interaction chaleureuse, avec des accents rose et violet inspirés du style Mimethys.
Des intervenants engagés dans une approche profondément relationnelle du soin.

Réponses aux questions autour du fait d’être sécure en thérapie

Cela devient particulièrement déterminant pour les patients dont l’histoire relationnelle a fragilisé la capacité à rester en lien.

Non. Cela se co-construit dans la relation, séance après séance.

Pas nécessairement. Une présence humaine et ajustée est souvent plus soutenante qu’une neutralité rigide.

Au contraire. Des limites claires participent à la continuité du lien.

Par la supervision, le travail personnel et le respect de ses propres seuils.

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