Le corps : évidence et limite
Le corps est ce qui est immédiatement visible, mesurable, objectivable.
Il est le lieu de la sensation, de la douleur, du plaisir, de la fatigue, de la mort.
Mais le webinaire souligne une limite fondamentale : le corps ne suffit pas à dire l’humain.
Réduire l’être humain à son corps — ou à son fonctionnement biologique — conduit à une lecture amputée, incapable de rendre compte :
- de la cruauté,
- de la destruction gratuite,
- du sacrifice,
- de la transcendance,
- de l’engagement jusqu’à la mort.
L’âme : lieu du lien et de la blessure
Le terme âme est volontairement maintenu tel quel.
Il ne renvoie ni à une métaphore psychologique, ni à une construction symbolique.
L’âme est décrite comme :
- le lieu du lien,
- le lieu de l’affect,
- le lieu de la blessure,
- ce qui peut être atteint, détruit, vidé.
Dans la clinique, l’atteinte de l’âme se manifeste par :
- la perte du goût de vivre,
- l’effondrement du sens,
- la honte radicale,
- le désespoir profond.
Ces expériences ne se réduisent ni à des symptômes, ni à des mécanismes.
L’esprit : verticalité et transcendance
Le mot esprit est utilisé dans sa dimension la plus exigeante.
Il désigne ce qui relève de la verticalité, de l’absolu, de la capacité humaine à se tourner vers ce qui dépasse l’immédiat.
L’esprit n’est pas l’intellect. Il est ce qui permet :
- de dire non,
- de résister,
- de choisir le bien ou le mal,
- de s’orienter.
Le webinaire insiste sur un point central : lorsque l’esprit est nié ou effacé, la violence devient sans limite.
Quand l’anthropologie se réduit : les effets destructeurs
Les échanges montrent que la réduction de l’humain à une seule dimension — corps seul, psychisme seul, social seul — produit des effets massifs.
Parmi eux :
- la banalisation de la violence,
- la disparition du sacré,
- la confusion entre bien et mal,
- l’impossibilité de nommer l’horreur.
Le mal devient alors :
- soit psychologisé,
- soit relativisé,
- soit justifié.
Cette réduction rend aveugle à certaines réalités pourtant bien présentes dans la clinique et dans l’histoire.
Démoniaque, angélique : des mots pour dire le réel
Le webinaire assume l’usage de mots forts : démoniaque, angélique, possession, libération.
Ils ne sont ni métaphorisés, ni atténués.
Ils servent à nommer :
- des expériences de déshumanisation,
- des forces de destruction,
- mais aussi des élans de dépassement, de don, de sacrifice.
Ces mots permettent de dire ce qui excède la simple causalité psychique.
Violence, emprise et négation de l’esprit
Un point central concerne la violence extrême et l’emprise.
Le webinaire montre que l’emprise ne vise pas seulement le corps ou le comportement, mais :
- la destruction de l’âme,
- la négation de l’esprit,
- l’anéantissement de la capacité de dire non.
C’est précisément là que les mots habituels de la psychologie deviennent insuffisants.
La clinique face à l’irreprésentable
Dans certaines situations cliniques, ce qui est rencontré relève de l’irreprésentable.
Il ne s’agit pas seulement de trauma, mais d’une atteinte radicale de l’humain.
Le clinicien se trouve alors confronté à :
- des récits qui défient le sens,
- des actes qui échappent à toute rationalisation,
- une violence qui ne peut être expliquée sans être trahie.
Le webinaire insiste : tout n’est pas réductible au sens.
Le rôle du clinicien : ne pas trahir le réel
Face à ces réalités, la tentation est grande de :
- expliquer,
- normaliser,
- rassurer,
- traduire dans des catégories acceptables.
Or, trahir les mots, c’est souvent trahir l’expérience vécue.
Le clinicien est alors invité à :
- supporter l’inconfort,
- rester au plus près de ce qui est dit,
- ne pas réduire ce qui déborde.
Une parole tenue, pas une solution
Ce webinaire ne propose ni méthode, ni protocole.
Il ne cherche pas à résoudre, mais à tenir une parole juste face à ce qui excède.
Nommer l’âme, l’esprit, le sacré, le mal, n’est pas une posture idéologique.
C’est une tentative de rester fidèle au réel, même lorsqu’il dérange.
Un dialogue entre philosophie et clinique
Ce webinaire repose sur un dialogue exigeant entre deux voix :
- Bertrand Vergely, philosophe, théologien et essayiste français
- Dr Eric Bardot, psychiatre, pédopsychiatre, directeur de l’Institut Mimethys
Leur échange ne cherche pas le consensus, mais la justesse des mots.
FAQ – Autour de l’âme, de l’esprit et de la clinique
Pourquoi utiliser encore les mots âme et esprit ?
Parce qu’ils permettent de nommer des réalités vécues que les catégories psychologiques ne suffisent pas à décrire.
Ces notions relèvent-elles de la religion ?
Non. Elles relèvent d’une anthropologie présente dans de nombreuses cultures, bien au-delà du religieux.
La clinique peut-elle se passer de ces mots ?
Dans certaines situations, s’en passer revient à réduire ou à trahir l’expérience du patient.
Le mal peut-il être expliqué psychologiquement ?
Le webinaire montre que certaines formes de mal excèdent l’explication psychologique sans pour autant devenir irrationnelles.
Quel est l’enjeu pour le clinicien ?
Rester fidèle au réel rencontré, sans le réduire pour se rassurer.
