Addiction et troubles alimentaires comme solutions corporelles
Les intervenants proposent une lecture non pathologisante des conduites addictives et alimentaires.
Ces conduites peuvent permettre :
- de réguler une hyperactivation émotionnelle ;
- d’anesthésier un trop-plein affectif ;
- de retrouver une forme de maîtrise corporelle ;
- ou, au contraire, de ressentir quelque chose là où tout est figé.
Dans les troubles alimentaires, le rapport au corps devient un langage relationnel :
- contrôle, restriction ou excès expriment une tentative de mise en forme du lien ;
- le corps devient le lieu où se joue l’appartenance et la séparation.
Le corps : lieu du lien avant d’être lieu du symptôme
Le webinaire insiste sur un point fondamental :
le lien n’est pas d’abord une représentation mentale, mais une expérience corporelle partagée.
Avant de pouvoir se dire, le lien se vit :
- dans le rythme ;
- dans la synchronisation ;
- dans la proximité ajustée ;
- dans l’accordage tonico-émotionnel.
Lorsque ces expériences précoces font défaut, le corps peut rester vide de relation, même en présence d’autrui.
L’addiction vient alors occuper ce vide, en produisant une sensation, un rythme, une intensité.
Addiction et troubles alimentaires comme solutions corporelles
Les intervenants proposent une lecture non pathologisante des conduites addictives et alimentaires.
Ces conduites peuvent permettre :
- de réguler une hyperactivation émotionnelle ;
- d’anesthésier un trop-plein affectif ;
- de retrouver une forme de maîtrise corporelle ;
- ou, au contraire, de ressentir quelque chose là où tout est figé.
Dans les troubles alimentaires, le rapport au corps devient un langage relationnel :
- contrôle, restriction ou excès expriment une tentative de mise en forme du lien ;
- le corps devient le lieu où se joue l’appartenance et la séparation.
Corps dissocié, corps stimulé, corps relationnel
Le webinaire distingue plusieurs états corporels fréquemment rencontrés :
- le corps dissocié, coupé des sensations ;
- le corps stimulé par des substances ou des comportements ;
- le corps en quête d’un rythme externe.
Ces états ne relèvent pas d’un défaut de volonté, mais d’une stratégie de survie relationnelle.
La question clinique devient alors : comment permettre au corps de redevenir un lieu de relation vivante, plutôt qu’un espace à contrôler ou à fuir ?
Synchronisation et accordage : fondements du soin
Un axe majeur du webinaire concerne la synchronisation.
Le lien se construit lorsque deux systèmes vivants peuvent :
- se percevoir ;
- se réajuster ;
- se désajuster puis se réajuster.
Sans cette expérience répétée, le sujet reste seul face à ses états internes.
L’addiction vient alors fournir un pseudo-accordage, mécanique et non humain.
Le travail thérapeutique vise à restaurer une expérience d’accordage réel, progressive et sécurisée.
Les limites des approches uniquement comportementales
Sans les disqualifier, les intervenants pointent les limites des approches centrées exclusivement sur :
- l’arrêt du comportement ;
- le contrôle alimentaire ;
- la gestion des impulsions.
Sans travail sur le lien et le corps relationnel, ces approches risquent :
- de déplacer le symptôme ;
- de renforcer la dissociation ;
- d’augmenter la culpabilité.
Le symptôme n’est pas l’ennemi :
il est souvent le dernier soutien d’un équilibre précaire.
Une clinique du corps en relation
Ce webinaire s’inscrit dans une clinique qui considère le corps comme :
- porteur de mémoire relationnelle ;
- vecteur de régulation émotionnelle ;
- support de la construction du sujet.
Le soin ne vise pas à normaliser les comportements, mais à élargir les possibles relationnels, afin que le corps n’ait plus besoin de s’exprimer par la contrainte ou l’excès.
Une formation pour approfondir cette approche
Ce webinaire s’inscrit dans le prolongement d’une formation proposée par l’Institut Mimethys, destinée aux professionnels du soin et de l’accompagnement souhaitant approfondir :
- la compréhension relationnelle des addictions et des TCA ;
- le travail clinique avec le corps et le lien ;
- les processus de régulation, de synchronisation et d’accordage ;
- la posture thérapeutique face aux conduites addictives.
Cette formation permet de passer : de la compréhension théorique à l’intégration clinique, dans une approche respectueuse, incarnée et progressive.
Des intervenants engagés dans une lecture relationnelle des addictions
Dr Bruno Dubos, psychiatre, psychothérapeute, praticien en hypnose, formateur à l’Institut Mimethys.
Dr Eric Bardot, psychiatre, pédopsychiatre, directeur de l’Institut Mimethys, concepteur de la Thérapie du lien et des mondes relationnels.
Animation : Étienne Maunoury, psychiatre addictologue.
Réponses aux questions sur addiction, corps et relation
Les addictions sont-elles uniquement des troubles du comportement ?
Non. Elles sont souvent des tentatives de régulation corporelle et relationnelle face à une défaillance du lien.
Quel rôle joue le corps dans les troubles alimentaires ?
Le corps devient un langage relationnel, exprimant des enjeux d’appartenance, de contrôle et de séparation.
Pourquoi le lien est-il central dans l’addiction ?
Parce que sans expérience de synchronisation et d’accordage, le sujet reste seul face à ses états internes
Faut-il supprimer le symptôme en priorité ?
Le symptôme est souvent une solution. Le travail vise d’abord à créer d’autres possibilités relationnelles.
En quoi cette approche diffère-t-elle des approches classiques ?
Elle place le lien et le corps au cœur du soin, plutôt que le contrôle des comportements.
