Que transmettre lorsque notre histoire prend sa source dans un monde traumatique ?

Comment transmettre quand l’histoire est marquée par la sidération ou l’effondrement ?

Ce webinaire explore les conditions d’une transmission humaine, non répétitive.

Personne assise au milieu d’un sol craquelé et désertique, symbolisant le monde traumatique et l’effondrement initial.
Que transmettre lorsque notre histoire prend sa source dans un monde traumatique ?

En bref

Résumé de ce webinaire sur la transmission

  • La transmission n’est pas un simple passage de contenus : elle dépend de la reconnaissance, du lien et de la légitimité.
  • Dans un monde traumatique, la parole est souvent disqualifiée et la cohérence fragilisée.
  • Transmettre sans répéter suppose de pouvoir intégrer sans justifier l’histoire vécue.
  • Le témoignage, soutenu par une communauté d’écoute, permet d’ouvrir un autre rapport à l’histoire.

Ce webinaire interroge ce qui rend la transmission possible malgré une origine marquée par le désaccord, le silence ou la dissociation.

Play Video

Webinaire de l’Institut Mimethys

Ce webinaire s’inscrit dans la continuité des réflexions menées par Mimethys autour de la pensée vivante, du rapport à la norme et de la place de la subjectivité dans les pratiques cliniques contemporaines.

Il prolonge les interrogations ouvertes lors des précédents webinaires sur la sidération, le sens, la résilience et la transmission.

À travers un dialogue entre Dr Eric Bardot et Dr Julien Betbèze, une question centrale est posée : comment se décentrer du discours dominant pour permettre l’émergence d’une pensée singulière, en clinique comme dans la relation humaine ?

Monde traumatique et construction de l’histoire

Le webinaire précise ce qui est entendu par monde traumatique.

Il ne s’agit pas uniquement d’événements isolés, mais d’un environnement durablement désaccordé, familial ou sociétal, dans lequel l’enfant se construit.

Dans un tel monde :

  • les messages sont contradictoires,
  • la cohérence est fragilisée,
  • la protection fait défaut,
  • la parole peut être disqualifiée.

L’histoire personnelle se construit alors sous contrainte.

Tentatives d’adaptation et dissociation

Face au monde traumatique, l’enfant ne peut pas ne pas s’adapter.

Ces tentatives d’adaptation sont nécessaires à la survie, mais elles peuvent produire :

  • de la dissociation ;
  • des clivages internes,;
  • une désorganisation du lien.

Ce qui permet de tenir à un moment donné peut devenir, plus tard, un empêchement à transmettre.

Dire, témoigner, transmettre

Le webinaire distingue clairement :

  • dire,
  • témoigner,
  • transmettre.

Dire n’est pas toujours possible.
Témoigner suppose une reconnaissance minimale.
Transmettre nécessite des conditions spécifiques.

On ne transmet pas ce qui n’a pas trouvé d’espace pour être reconnu.

Trois scènes successives représentant le dire empêché, le témoignage rendu possible et la transmission éclairée.
Dire, témoigner, transmettre : trois étapes distinctes.
Personne éclairée par deux flux lumineux opposés représentant la légitimité externe et la légitimité interne.
Retrouver une légitimité interne pour transmettre.

La question de la légitimité

Un axe central du webinaire concerne la légitimité.

Dans le monde traumatique, la légitimité de la parole est souvent attaquée :

  • ce que je perçois est nié,
  • ce que je ressens est disqualifié,
  • ce que je dis n’est pas cru.

Cela conduit à une confusion entre :

  • légitimité externe (fondée sur la norme ou l’autorité),
  • légitimité interne (fondée sur l’expérience vécue).

La transmission devient possible lorsque la légitimité interne peut émerger, à condition qu’elle rencontre une écoute.

Rejet, opposition et leurs limites

Une étape fréquente consiste à rejeter le monde traumatique.

Ce rejet peut être vital, mais il comporte un risque : rester pris dans l’opposition et la dissociation.

Rejeter totalement son histoire empêche souvent de transmettre autre chose que ce rejet lui-même.

Personne poussant un mur sombre représentant le passé traumatique qu’elle tente de rejeter.
Opposer son histoire : une étape nécessaire mais limitée.

Intégrer sans justifier

Le webinaire insiste sur un point délicat : intégrer son histoire ne signifie ni l’excuser, ni la justifier.

Il s’agit de pouvoir :

  • reconnaître ce qui a été vécu,
  • accepter que l’humain soit capable du pire comme du meilleur,
  • sans se confondre avec la violence subie.

C’est à cette condition qu’une transmission différente devient possible.

Personne debout face à un grand livre ouvert représentant son histoire traumatique.
Intégrer son histoire sans la justifier.

Témoignage et réassociation

Lorsque l’histoire peut être regardée sans dissociation, la transmission change de nature.
Elle devient témoignage, et non répétition.

Le témoignage permet :

  • de sortir de l’emprise du monde traumatique,
  • de donner une portée collective à une histoire singulière,
  • d’ouvrir une autre orientation de l’histoire.

Communauté, reconnaissance et écoute

La transmission ne se fait jamais seul.
Elle suppose une communauté d’écoute, capable :

  • d’entendre,
  • de reconnaître,
  • sans enfermer dans une identité victimaire.

La communauté n’est pas entendue comme communautarisme, mais comme espace relationnel vivant, où singularité et universel peuvent coexister.

Personne tenant un miroir autrefois brisé, recomposé par un faisceau lumineux symbolisant la réassociation.
Du miroir brisé à la réassociation.

Valeurs, croyances et transmission

Le webinaire distingue clairement :

  • la transmission de valeurs,
  • la transmission de croyances.

Les croyances risquent de se figer et de devenir idéologiques.
Les valeurs, lorsqu’elles sont partagées et incarnées, peuvent soutenir un être-ensemble.

Ce qui se transmet n’est pas seulement un contenu, mais un rapport à la vie.

Transmission et croissance post-traumatique

La croissance post-traumatique n’est pas automatique.
Elle suppose une transformation :

  • de la souffrance en expérience,
  • de l’expérience en ressource,
  • de la ressource en action.

La transmission devient alors un moyen, non une fin.

Une main transmet un bloc rigide (croyances figées) et une autre transmet une flamme douce (valeurs vivantes).
Croyances figées ou valeurs vivantes ?

Trois messages possibles de la transmission

Le webinaire identifie trois grandes orientations possibles :

  • un message de vie (croissance, autonomie, lien),
  • un message de vide (absence, non-dit),
  • un message de destruction (maltraitance, déshumanisation).

Ce n’est pas tant la forme que le message implicite qui est transmis.

Trois silhouettes adultes tendent la main vers trois enfants, représentant trois orientations possibles de la transmission.
Vie, vide ou destruction : trois transmissions possibles.

Transmission et pathologie

Les échanges abordent la question de la transmission dans des contextes de grande désorganisation, notamment psychotique.
Lorsque le lien est profondément désaccordé, la transmission est brouillée, voire empêchée.

La difficulté majeure réside dans la confusion entre :

  • la personne,
  • et la pathologie qui l’habite.

Sans différenciation possible, la transmission devient chaotique.

Deux silhouettes face à face reliées par des fils électriques emmêlés produisant des étincelles.
Quand la pathologie brouille la transmission.

Une réflexion au cœur de la pensée Mimethys

Ce webinaire s’inscrit pleinement dans la clinique du lien développée par Mimethys.
Il ne propose pas de modèle, mais une réflexion exigeante sur ce qui rend la transmission humaine possible, malgré — et parfois à partir de — l’histoire traumatique.

Deux mains soutenant une jeune pousse sortant d’une terre fissurée, symbolisant la transmission et la croissance malgré une histoire traumatique, en noir et blanc avec touches rose et violet Mimethys.
Transmission et croissance : une jeune pousse soutenue par deux mains dans une terre marquée de cicatrices.

Une rencontre clinique autour de la transmission

  • Stéphane Roy, psychologue, psychothérapeute, co-directeur de l’Institut Mimethys.
  • Dr Eric Bardot, psychiatre, pédopsychiatre, directeur de l’Institut Mimethys.
  • Animation : Géraldine Garon.
Trois cliniciens en discussion dans un espace chaleureux, reliés par des fils lumineux symbolisant la transmission dans la clinique du lien, en noir et blanc avec accents rose et violet Mimethys.
Dialogue clinique et transmission : un espace tissé entre Stéphane Roy, Géraldine Garon et le Dr Eric Bardot.

Questions autour de la transmission et du monde traumatique

Peut-on transmettre sans répéter le traumatique ?

Oui, à condition que l’histoire puisse être reconnue et intégrée sans dissociation.

Non. Elle passe aussi par la posture, la relation et la manière d’être en lien.

Il peut être une étape, mais il ne suffit pas à long terme.

Oui. Sans reconnaissance, la transmission reste fragile ou impossible.

Oui, mais à condition qu’elles ne se figent pas en croyances.

Poursuivre la réflexion.
Le moteur de recherche vous permet d’explorer les contenus par mots-clés, de relier les webinaires entre eux et de retrouver toutes les publications autour d’un même questionnement.