Du soin médical au care : une éthique de la sollicitude
Face à l’urgence sanitaire, le « cure » a dominé : soigner à tout prix, sauver des vies.
Mais très vite, le besoin de « care » – prendre soin, accompagner – s’est imposé.
Bardot et Petel distinguent ainsi les soins techniques d’urgence et la sollicitude humaine, relationnelle, enracinée dans l’écoute et la responsabilité.
Vulnérabilité partagée et responsabilité relationnelle
La crise a révélé la fragilité des liens humains.
Pour être en lien avec la vulnérabilité de l’autre, il faut pouvoir accueillir la sienne.
Christian Petel distingue fragilité (état subi) et vulnérabilité (compétence relationnelle).
C’est cette capacité à se montrer vulnérable qui active la responsabilité et le soin.
Du récit individuel au tissu relationnel : vers une subjectivité solidaire
Faire récit, témoigner, transmettre : autant d’actes fondamentaux pour traverser la crise.
Les intervenants proposent un exercice : écrire ce que l’on vivait au 1er janvier, ce que l’on vit aujourd’hui, ce que l’on espère pour l’été – pour soi, mais aussi pour ses descendants ou ses aïeux.
Le récit devient alors un outil de reliance, entre générations et à soi-même.
Reconnaissance et réciprocité : restaurer les liens humains
Donner, recevoir, rendre : ce triptyque devient le socle d’un tissu relationnel vivant.
Reconnaître ce que l’on a reçu, témoigner, transmettre à d’autres – telle est la dynamique humaine que Bardot et Petel appellent à réactiver.
La reconnaissance devient alors un acte politique, une réponse au désenchantement contemporain.
Crise : fracture ou ressource pour le lien social ?
La crise, disent-ils, est aussi une vacance : un espace d’interrogation, voire de transformation. Elle peut amplifier les rigidités, ou ouvrir à de nouveaux possibles.
Le tissu social peut se déchirer… ou se densifier. Tout dépend de notre capacité à faire récit, à nous rendre disponibles, à cultiver la réciprocité.
Réponses aux questions clés sur la crise, le care et la reconnaissance
Faut-il partager sa vulnérabilité avec les patients dans la relation thérapeutique ?
Oui, si elle est incarnée et ajustée. Elle humanise la relation thérapeutique et réactive le lien.
Qu’est-ce que le care dans ce webinaire Mimethys ?
C’est une posture éthique de sollicitude, d’écoute active et de responsabilité dans la relation.
Pourquoi la reconnaissance est-elle essentielle dans la relation humaine ?
Elle valide l’existence du sujet, restaure le lien social, et permet la construction d’une estime de soi durable.
Quelle différence entre fragilité et vulnérabilité dans la relation de soin ?
La fragilité est un état subi ; la vulnérabilité est une compétence relationnelle, une ouverture à l’autre.
Comment faire de la crise une ressource relationnelle ?
La vivre comme un espace de récit, de transformation, et de responsabilisation partagée.
