Comprendre les phénomènes hypnotiques autrement
L’un des fils directeurs de ce webinaire consiste à sortir d’une vision strictement technique de l’hypnose.
Les intervenants rappellent que les phénomènes hypnotiques ne se réduisent ni à un état, ni à une méthode, mais qu’ils émergent dans une interaction vivante.
Dans cette perspective :
- la relation précède la technique ;
- l’hypnose se déploie dans la qualité de présence ;
- les phénomènes apparaissent souvent sans être recherchés volontairement.
L’hypnose devient alors un processus relationnel, plus qu’un outil à appliquer.
Peur, engagement et authenticité dans la pratique clinique
Le webinaire met en lumière trois dimensions étroitement liées : la peur, l’engagement et l’authenticité.
Les peurs du thérapeute
Les praticiens peuvent être traversés par différentes craintes :
- peur de mal faire ;
- peur de s’impliquer ;
- peur de perdre sa légitimité ou son statut.
Ces peurs peuvent conduire à une utilisation défensive de la technique, au détriment de la relation.
L’engagement relationnel
S’engager dans la relation implique d’accepter une part d’incertitude.
Cela suppose de renoncer à une posture de maîtrise totale pour entrer dans un processus d’ajustement continu, au plus près de ce qui se vit dans l’instant.
L’authenticité comme fondement
L’authenticité ne signifie ni absence de cadre ni improvisation permanente.
Elle repose sur une présence incarnée, capable d’assumer les hésitations, les erreurs non graves et les réajustements nécessaires au travail thérapeutique.
L’hypnose comme expérience partagée
Les échanges soulignent que l’hypnose ne se « fait » pas sur quelqu’un, mais avec quelqu’un.
Cette distinction est essentielle pour comprendre :
- la circularité de la relation ;
- la co-construction du processus ;
- l’importance du feedback et de l’interaction.
Les phénomènes hypnotiques deviennent alors des indicateurs de la qualité relationnelle, plutôt que des objectifs en soi.
Dépasser les représentations de pouvoir et de contrôle
Le webinaire aborde également les représentations sociales associées à l’hypnose : fascination, domination, manipulation.
Ces imaginaires peuvent générer des peurs chez les personnes accompagnées, mais aussi chez les praticiens eux-mêmes.
Les intervenants rappellent que :
- l’hypnose relationnelle repose sur le consentement et la coopération ;
- le cadre éthique est indissociable de la pratique ;
- la proximité relationnelle n’exclut pas la rigueur professionnelle.
Les regards cliniques croisés des intervenants
Ce webinaire réunit trois praticiens engagés dans une approche relationnelle du soin :
- Dr Éric Bardot, psychiatre, pédopsychiatre, psychothérapeute et directeur de l’Institut Mimethys, concepteur de la thérapie du lien et des mondes relationnels ;
- Stéphane Radoykov, psychiatre, directeur adjoint de l’Institut Émergence et enseignant universitaire en hypnose ;
- Stéphane Roy, psychiatre, co-directeur de l’Institut Mimethys.
Leur dialogue croisé illustre la richesse des regards et des pratiques lorsqu’elles s’inscrivent dans une vision intégrative et relationnelle.
FAQ – Questions fréquentes sur les phénomènes hypnotiques et la relation thérapeutique
Que sont les phénomènes hypnotiques dans une approche relationnelle ?
Ils désignent des expériences de modification de l’attention, de la perception ou de la relation, qui émergent naturellement dans un contexte d’interaction et de présence partagée.
L’hypnose repose-t-elle avant tout sur la technique ?
Non. Ce webinaire montre que la technique ne prend sens que lorsqu’elle s’inscrit dans une relation thérapeutique ajustée et sécurisée.
Pourquoi les peurs du thérapeute sont-elles importantes à considérer ?
Parce qu’elles influencent la posture relationnelle et peuvent limiter l’engagement ou l’authenticité dans la rencontre thérapeutique.
En quoi l’authenticité est-elle essentielle en hypnose ?
L’authenticité favorise la confiance, la coopération et la sécurité relationnelle, conditions nécessaires à l’émergence des phénomènes hypnotiques.
L’hypnose peut-elle être une fin en soi ?
Dans cette approche, l’hypnose n’est jamais une finalité, mais un support au service de la relation et de l’action engagée dans la vie de la personne.
