Ce que ce webinaire nous apprend sur l’erreur apprenante
L’erreur dite « apprenante » ne renvoie pas à une faute à corriger, mais à une expérience d’errance, au sens premier du terme : tenter, ajuster, trébucher, puis se réaccorder.
Les échanges mettent en évidence plusieurs points clés :
- l’erreur est inévitable dans toute relation vivante ;
- elle devient féconde lorsqu’elle est reconnue, accueillie et travaillée ;
- c’est souvent dans les micro-désaccordages que se construit la confiance.
Loin d’un idéal de maîtrise ou de performance, le soin s’inscrit ici dans une posture d’humilité, d’écoute et de co-construction.
Sortir d’une culture de la faute et de la performance
Notre culture valorise la réussite, la norme et l’efficacité. Dans ce cadre, l’erreur est rapidement assimilée à un échec.
Le webinaire montre combien cette représentation peut devenir contre-productive dans la relation thérapeutique.
Oser trébucher, c’est accepter que :
- le thérapeute n’est pas un expert omniscient ;
- la relation n’est jamais parfaitement accordée ;
- l’ajustement se construit dans le mouvement, pas dans le contrôle.
Cette approche permet de désamorcer la peur de mal faire, tant chez les praticiens que chez les personnes accompagnées.
L’erreur comme indicateur d’ajustement relationnel
L’un des apports majeurs de ce webinaire réside dans la compréhension de l’erreur comme un signal relationnel.
Une parole trop rapide, un silence mal placé, une intervention prématurée : autant de situations qui peuvent révéler un désaccordage.
Ce qui compte alors n’est pas l’erreur en elle-même, mais la capacité à :
- percevoir ses effets ;
- les nommer ou les explorer ;
- se réajuster dans la relation.
C’est dans ce processus de réaccordage que se construit un climat relationnel sécure et vivant.
Une approche incarnée, expérientielle et relationnelle
Les intervenants insistent sur une dimension essentielle : l’erreur n’est pas seulement cognitive, elle est corporelle et expérientielle.
Elle engage des ressentis, des micro-réactions, des mouvements souvent perceptibles avant même les mots.
Cette lecture rejoint les apports de la clinique du lien :
- l’accordage et le désaccordage sont permanents ;
- la relation se tisse dans des micro-ajustements successifs ;
- la confiance naît de la capacité à traverser les ruptures.
L’erreur devient alors un support d’apprentissage partagé, plutôt qu’un obstacle.
Des intervenants aux regards complémentaires
Ce webinaire réunit deux figures reconnues du champ du soin et de la psychothérapie :
- Dr Éric Bardot, psychiatre, pédopsychiatre, directeur de l’Institut Mimethys, concepteur de la Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels ;
- Pr Gérard Ostermann, professeur de thérapeutique, analyste psychothérapeute, président du CRAA à Bordeaux.
Leur dialogue croise clinique, théorie et expérience, dans une atmosphère d’ouverture et de réflexion partagée.
Questions fréquentes autour de l’erreur apprenante en thérapie
Qu’est-ce que l’erreur apprenante ?
L’erreur apprenante désigne une expérience de désajustement qui, lorsqu’elle est reconnue et travaillée, devient une source d’apprentissage et de transformation relationnelle.
Quelle différence entre erreur et faute en thérapie ?
La faute renvoie à une transgression ou à une intention de nuire. L’erreur s’inscrit dans un processus relationnel vivant, sans intention négative, et ouvre à l’ajustement.
Pourquoi l’erreur est-elle inévitable dans la relation thérapeutique ?
Toute relation implique des rythmes, des interprétations et des attentes différentes. Le désaccordage fait partie du fonctionnement normal des interactions humaines.
Comment transformer une erreur en ressource thérapeutique ?
En observant ses effets, en laissant un espace d’expression, puis en se réajustant dans la relation, sans chercher à réparer immédiatement ou à reprendre une position d’expertise.
En quoi cette approche sécurise-t-elle la relation ?
La sécurité relationnelle se construit moins par l’absence d’erreurs que par la capacité à traverser les ruptures et à rétablir le lien de manière ajustée.
