Le lien au travail : la perte et l’épuisement professionnel

Quand le travail ne fait plus lien, l’épuisement s’installe.

Ce webinaire interroge ce qui, dans les environnements professionnels actuels, met à mal le lien humain – et comment le restaurer.

Webinaire de l’Institut Mimethys – dans le cadre du congrès " S’accorder. Cocréer. Transmettre. Le lien humain au cœur de la thérapie"
(La Baule, 31 mai – 3 juin 2023)

Vue aérienne d’îles autrefois reliées, avec des chercheurs cartographiant les fonds marins et des cliniciens installant des phares et des ponts pour restaurer le lien, en noir et blanc avec touches de rose et violet Mimethys.
Le lien au travail : la perte et l’épuisement professionnel

En bref

Ce que ce webinaire explore

Ce webinaire s’inscrit dans la dynamique du congrès Mimethys consacré au lien humain. Il en constitue un temps préparatoire, un seuil de réflexion autour d’une question devenue centrale : qu’advient-il du lien au travail lorsque la perte et l’épuisement s’installent durablement ?

À travers un dialogue entre Pr Gérard Ostermann et Dr Eric Bardot, ce webinaire interroge le travail non comme simple activité ou fonction, mais comme lieu de lien, de reconnaissance et de sens — et ce qui se produit lorsque ce lien se défait.

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Le travail comme lieu de lien

Le webinaire rappelle que le travail a longtemps été :

  • un lieu d’appartenance ;
  • un espace de reconnaissance ;
  • un vecteur d’identité et de transmission.

Travailler, ce n’était pas seulement produire, mais prendre place dans un monde commun.

Lorsque cette dimension relationnelle disparaît — par la technicisation, la fragmentation ou la perte de sens — le travail peut devenir un lieu de solitude, voire de violence.

Perte, fatigue et confusion des mots

Un point important concerne la confusion des termes souvent employés pour parler de l’épuisement :

  • fatigue ;
  • stress ;
  • burn-out ;
  • bore-out ;
  • brown-out.

Le webinaire souligne que ces mots recouvrent des réalités différentes, mais qu’ils ont un point commun : ils signalent une rupture du lien.

La fatigue n’est pas seulement physique. Elle devient existentielle lorsque ce qui est fait ne fait plus lien.

Le burn-out comme maladie du trop

Gérard Ostermann insiste sur un point précis : le burn-out n’est pas une maladie du vide, mais une maladie du trop.

  • trop de sollicitations ;
  • trop d’exigences ;
  • trop de contraintes contradictoires.

Ce « trop » finit par user la capacité à être présent, à s’engager, à faire sens.

L’épuisement survient lorsque l’organisme — et le sujet — ne peuvent plus tenir dans cette tension permanente.

Arbre aux branches courbées sous le poids de fruits marqués exigences, contraintes et urgence, symbolisant le burn-out, en noir et blanc avec accents rose et violet Mimethys.
Quand le trop finit par déraciner.
Image divisée entre un rameur libre regardant l’horizon et un galérien enchaîné rythmé par un tambour, symbolisant stress choisi et stress subi, en noir et blanc avec touches rose et violet Mimethys.
Même effort, mais pas le même sens.

Stress subi et stress choisi

Le webinaire distingue clairement deux formes de stress :

  • le stress choisi, mobilisateur, lié à l’engagement ;
  • le stress subi, imposé, sans marge de manœuvre.

C’est le stress subi, répété, sans reconnaissance ni sens, qui conduit à l’épuisement.

Lorsque le sujet ne peut plus agir sur ce qu’il vit, le lien au travail se transforme en contrainte pure.

Sens, reconnaissance et effondrement

Un axe central du dialogue concerne la reconnaissance.

L’épuisement ne vient pas seulement de la charge, mais de l’absence de retour symbolique :

  • ne pas être reconnu ;
  • ne pas être entendu ;
  • ne pas voir l’utilité de ce qui est fait.

Lorsque le sens disparaît, l’effort devient insupportable. Le corps continue, mais le sujet se retire.

Personne remplissant un sablier percé où le sable se perd, symbolisant l’effort sans reconnaissance, en noir et blanc avec accents rose et violet Mimethys.
Quand l’effort n’a plus de retour, tout s’effondre.

Travail, soin et artisanat du lien

Le webinaire propose une analogie forte entre le travail et le soin : tous deux relèvent d’un artisanat du lien.

Ils demandent :

  • du temps ;
  • de la présence ;
  • de l’attention ;
  • une reconnaissance mutuelle.

La standardisation excessive, les protocoles désincarnés et la logique purement gestionnaire viennent fragiliser cet artisanat, en réduisant le travail à des indicateurs.

Deux personnes tissant ensemble sur un métier manuel tandis qu’une imprimante 3D produit des motifs standardisés, en noir et blanc avec accents rose et violet Mimethys.
Le lien se tisse, il ne se produit pas.

Déshumanisation et technocratie

Les échanges pointent les effets de la technocratie sur le travail :

  • perte de repères ;
  • éloignement du réel ;
  • décisions déconnectées de l’expérience vécue.

Lorsque les décisions sont prises loin du terrain, le lien se rompt. Le travailleur n’est plus sujet, mais variable d’ajustement.

Travailleurs alignés dont les visages deviennent des codes-barres, placés sur un tableur manipulé par une main géante, en noir et blanc avec accents rose et violet Mimethys.
Quand la personne devient une variable.

Présence, temporalité et accordage

Face à cette perte, le webinaire insiste sur l’importance de la présence :

  • présence à soi ;
  • présence à l’autre ;
  • présence au temps nécessaire pour faire correctement.

L’accordage — entre les personnes, les rythmes, les attentes — devient un enjeu central pour restaurer un lien vivable au travail.

Jardinier observant une jeune pousse tandis qu’un écran affiche un compte à rebours, symbolisant le respect du temps nécessaire, en noir et blanc avec accents rose et violet Mimethys.
Le vivant ne se presse pas : il s’accorde.

Des intervenants engagés

  • Pr Gérard Ostermann, médecin interniste, thérapeute, spécialiste de la prise en charge de la douleur et de l’épuisement ;
  • Dr Eric Bardot, psychiatre, pédopsychiatre, directeur de l’Institut Mimethys ;
  • Animation : Stéphane Roy, psychologue, psychothérapeute.
Portrait en noir et blanc de Gérard Ostermann et Éric Bardot, intervenants engagés dans la compréhension du lien, de la douleur et de l’épuisement.
Pr Gérard Ostermann et Dr Éric Bardot : deux voix engagées au service du lien et du soin.

Questions autour du lien au travail et de l’épuisement

Non. Il est étroitement lié à la perte de sens et à la rupture du lien.

Non. Il peut toucher tout contexte où le stress est subi et la reconnaissance absente.

Pas nécessairement. Sans sens, le confort ne suffit pas à soutenir l’engagement.

Le webinaire montre que cela suppose du temps, de la reconnaissance et un réaccordage des relations.

Ce webinaire prépare et éclaire les enjeux du congrès autour du lien humain dans les pratiques professionnelles et thérapeutiques.

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