L’hypnose processus relationnel : de quoi parle-t-on vraiment ?

L’hypnose est omniprésente dans l’espace public, mais reste profondément mal comprise.
Souvent réduite à une technique de suggestion ou à un outil de contrôle, elle est ici abordée autrement : comme un processus humain, relationnel et vivant, au service de la liberté intérieure, du lien et de l’intégrité de la personne.

Un guide et un randonneur marchant sur un sentier rocheux en noir et blanc, le guide montrant le chemin, avec des touches rose et violet.
L’hypnose processus relationnel : de quoi parle-t-on vraiment ?

En bref

Repères pour comprendre ce webinaire

  • Une lecture non technique de l’hypnose ;
  • La transe comme capacité humaine naturelle ;
  • Une réflexion éthique sur liberté, pouvoir et suggestion ;
  • L’hypnose pensée comme processus relationnel, non comme outil ;
  • Un dialogue clinique ancré dans l’histoire de l’hypnose.
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Une confusion persistante autour de l’hypnose

Dès l’ouverture du webinaire, un constat s’impose : le mot hypnose recouvre aujourd’hui des réalités très différentes, souvent confondues :

  • l’hypnose comme technique opératoire ;
  • l’hypnose comme état modifié de conscience ;
  • l’hypnose comme processus relationnel naturel ;
  • l’hypnose assimilée à la suggestion ou à la manipulation.

Cette confusion nourrit peurs, fantasmes et oppositions, en particulier autour de la question du pouvoir exercé sur l’autre.

La transe : une expérience humaine fondamentale

Le webinaire propose un déplacement radical : plutôt que de penser l’hypnose comme une technique exceptionnelle, il s’agit de la comprendre comme une modalité naturelle de la vie psychique.

La transe apparaît ici comme :

  • une capacité humaine universelle ;
  • un processus de régulation face à la dissonance ;
  • un espace de préservation de l’intégrité et de la liberté.

Dans des environnements incohérents ou maltraitants, la transe dissociative peut devenir un refuge vital, permettant à la personne de rester psychiquement vivante.

Hypnose et liberté : un paradoxe apparent

Dans l’imaginaire collectif, l’hypnose est souvent associée à une perte de liberté.
Les intervenants montrent au contraire que :

  • la transe permet de préserver la liberté intérieure ;
  • elle soutient créativité, adaptation et continuité du sujet ;
  • elle protège l’intégrité lorsque le monde devient hostile ou incohérent.

La liberté n’est pas pensée comme une autonomie isolée, mais comme une liberté relationnelle, indissociable du lien humain.

Hypnose et suggestion : une distinction éthique essentielle

Une clarification centrale porte sur la différence entre hypnose et suggestion.

  • La suggestion vise à orienter l’autre depuis une intention unilatérale ;
  • L’hypnose relationnelle repose sur une intention partagée, construite dans la rencontre.

Cette distinction est fondamentale :

  • la suggestion peut exister sans hypnose ;
  • l’hypnose relationnelle ne peut exister sans respect de l’intégrité de l’autre.

L’hypnose n’est pas un outil pour produire un effet, mais un espace de contenance où le sens peut émerger.

Le praticien tente de graver une pensée dans l’esprit du patient avec un burin, illustrant la suggestion unilatérale, en noir et blanc avec accents rose et violet Mimethys. L'hypnose processus relationnel
Suggestion unilatérale : quand l’intention vient de l’extérieur et ne respecte plus la relation.
Un praticien ferme un grand livre devant une bibliothèque tandis qu’un patient entre dans un espace épuré, symbolisant le passage du savoir théorique au non-savoir relationnel, en noir et blanc avec accents rose et violet Mimethys.
Lorsque le savoir théorique s’efface pour laisser place à la rencontre.

Intention, non-savoir et action juste

Le webinaire aborde finement le paradoxe de l’intention :

  • l’intention concerne le cadre, le sens et la direction ;
  • l’action émerge ensuite sans forçage, dans l’expérience partagée.

Cette posture rejoint l’idée d’un savoir dans le non-savoir :
le savoir académique s’efface au profit d’une connaissance expérientielle, relationnelle et incarnée.

L’hypnose comme expérience d’unité

Les traumatismes fragmentent l’expérience du sujet.
L’hypnose, comprise comme processus, vise à :

  • restaurer une unité corporelle et psychique ;
  • permettre une réassociation progressive ;
  • soutenir l’émergence de la singularité dans le lien.

Il ne s’agit pas de provoquer des états profonds, mais de faciliter un processus d’intégration, au rythme de la personne.

Vitrail brisé en noir et blanc, fragments épars symbolisant l’expérience traumatique, avec touches rose-violet façon Mimethys.
Vitrail fragmenté — la personne face à une expérience dispersée que l’hypnose aide à réunifier.

Relation, contenance et sécurité

Une distinction essentielle est posée :

  • la contention contraint ;
  • la contenance soutient.

L’hypnose relationnelle repose sur une enveloppe sécurisante, préalable à toute exploration.
Sans cette sécurité, toute pratique hypnotique peut devenir intrusive ou retraumatisante.

Mains jointes formant une coupe en noir et blanc, illustrant la contenance thérapeutique, avec de légers accents rose et violet Mimethys
Mains jointes en forme de coupe — une métaphore de la contenance thérapeutique en hypnose relationnelle.

Une approche inscrite dans l’histoire de l’hypnose

Le webinaire rappelle que l’hypnose :

  • réémerge dans les périodes de crise ;
  • accompagne les moments de perte de repères ;
  • ouvre des espaces de liberté lorsque les structures se rigidifient.

De Mesmer à Milton Erickson, en passant par Ferenczi, l’hypnose est toujours liée à la question du lien humain.

Arbre majestueux en noir et blanc aux racines profondes et symboliques, observé par trois personnes, avec des accents rose et violet Mimethys.
Un arbre aux racines symboliques pour représenter les fondations historiques de l’hypnose.

Des intervenants engagés dans une vision relationnelle du soin

Dr Eric Bardot, psychiatre, pédopsychiatre, directeur de l’Institut Mimethys, concepteur de la Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels.

Dr Julien Betbèze, psychiatre, psychothérapeute, formateur en hypnose et en approche narrative.

Deux intervenants en noir et blanc, engagés dans une discussion professionnelle, avec accents rose et violet Mimethys en arrière-plan
Le Dr Eric Bardot et le Dr Julien Betbèze, engagés dans une clinique relationnelle du soin.

Questions fréquentes sur l’hypnose

Non. Dans cette approche, l’hypnose est avant tout un processus relationnel naturel, et non une technique à appliquer.

Au contraire, elle permet souvent de restaurer une liberté intérieure lorsque celle-ci a été menacée par la dissonance ou le traumatisme.

La suggestion repose sur une intention unilatérale, tandis que l’hypnose relationnelle s’inscrit dans une intention partagée et respectueuse.

Elle peut être délétère si elle est utilisée sans cadre relationnel sécurisant. La relation prime toujours sur la technique.

Parce qu’elle soutient la capacité humaine à préserver le lien, le sens et la liberté lorsque les structures sociales deviennent instables.

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