Une confusion persistante autour de l’hypnose
Dès l’ouverture du webinaire, un constat s’impose : le mot hypnose recouvre aujourd’hui des réalités très différentes, souvent confondues :
- l’hypnose comme technique opératoire ;
- l’hypnose comme état modifié de conscience ;
- l’hypnose comme processus relationnel naturel ;
- l’hypnose assimilée à la suggestion ou à la manipulation.
Cette confusion nourrit peurs, fantasmes et oppositions, en particulier autour de la question du pouvoir exercé sur l’autre.
La transe : une expérience humaine fondamentale
Le webinaire propose un déplacement radical : plutôt que de penser l’hypnose comme une technique exceptionnelle, il s’agit de la comprendre comme une modalité naturelle de la vie psychique.
La transe apparaît ici comme :
- une capacité humaine universelle ;
- un processus de régulation face à la dissonance ;
- un espace de préservation de l’intégrité et de la liberté.
Dans des environnements incohérents ou maltraitants, la transe dissociative peut devenir un refuge vital, permettant à la personne de rester psychiquement vivante.
Hypnose et liberté : un paradoxe apparent
Dans l’imaginaire collectif, l’hypnose est souvent associée à une perte de liberté.
Les intervenants montrent au contraire que :
- la transe permet de préserver la liberté intérieure ;
- elle soutient créativité, adaptation et continuité du sujet ;
- elle protège l’intégrité lorsque le monde devient hostile ou incohérent.
La liberté n’est pas pensée comme une autonomie isolée, mais comme une liberté relationnelle, indissociable du lien humain.
Hypnose et suggestion : une distinction éthique essentielle
Une clarification centrale porte sur la différence entre hypnose et suggestion.
- La suggestion vise à orienter l’autre depuis une intention unilatérale ;
- L’hypnose relationnelle repose sur une intention partagée, construite dans la rencontre.
Cette distinction est fondamentale :
- la suggestion peut exister sans hypnose ;
- l’hypnose relationnelle ne peut exister sans respect de l’intégrité de l’autre.
L’hypnose n’est pas un outil pour produire un effet, mais un espace de contenance où le sens peut émerger.
Intention, non-savoir et action juste
Le webinaire aborde finement le paradoxe de l’intention :
- l’intention concerne le cadre, le sens et la direction ;
- l’action émerge ensuite sans forçage, dans l’expérience partagée.
Cette posture rejoint l’idée d’un savoir dans le non-savoir :
le savoir académique s’efface au profit d’une connaissance expérientielle, relationnelle et incarnée.
L’hypnose comme expérience d’unité
Les traumatismes fragmentent l’expérience du sujet.
L’hypnose, comprise comme processus, vise à :
- restaurer une unité corporelle et psychique ;
- permettre une réassociation progressive ;
- soutenir l’émergence de la singularité dans le lien.
Il ne s’agit pas de provoquer des états profonds, mais de faciliter un processus d’intégration, au rythme de la personne.
Relation, contenance et sécurité
Une distinction essentielle est posée :
- la contention contraint ;
- la contenance soutient.
L’hypnose relationnelle repose sur une enveloppe sécurisante, préalable à toute exploration.
Sans cette sécurité, toute pratique hypnotique peut devenir intrusive ou retraumatisante.
Une approche inscrite dans l’histoire de l’hypnose
Le webinaire rappelle que l’hypnose :
- réémerge dans les périodes de crise ;
- accompagne les moments de perte de repères ;
- ouvre des espaces de liberté lorsque les structures se rigidifient.
De Mesmer à Milton Erickson, en passant par Ferenczi, l’hypnose est toujours liée à la question du lien humain.
Des intervenants engagés dans une vision relationnelle du soin
Dr Eric Bardot, psychiatre, pédopsychiatre, directeur de l’Institut Mimethys, concepteur de la Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels.
Dr Julien Betbèze, psychiatre, psychothérapeute, formateur en hypnose et en approche narrative.
Questions fréquentes sur l’hypnose
L’hypnose est-elle une technique ?
Non. Dans cette approche, l’hypnose est avant tout un processus relationnel naturel, et non une technique à appliquer.
L’hypnose fait-elle perdre le contrôle ?
Au contraire, elle permet souvent de restaurer une liberté intérieure lorsque celle-ci a été menacée par la dissonance ou le traumatisme.
Quelle différence entre hypnose et suggestion ?
La suggestion repose sur une intention unilatérale, tandis que l’hypnose relationnelle s’inscrit dans une intention partagée et respectueuse.
L’hypnose est-elle toujours thérapeutique ?
Elle peut être délétère si elle est utilisée sans cadre relationnel sécurisant. La relation prime toujours sur la technique.
Pourquoi l’hypnose revient-elle dans les périodes de crise ?
Parce qu’elle soutient la capacité humaine à préserver le lien, le sens et la liberté lorsque les structures sociales deviennent instables.
