Symbolique et statistique : une invitation à penser autrement
En pleine crise sanitaire, la statistique a pris le dessus sur la symbolique.
Pourtant, Éric Bardot rappelle que les chiffres ne peuvent remplacer le sens, ni répondre aux besoins de reliance, d’interprétation ou de régulation intérieure.
Gérard Ostermann convoque les mythes du colosse aux pieds d’argile et du golem pour illustrer ce déséquilibre : un monde qui se croit puissant, mais qui oublie ses fondements symboliques, vulnérables, vivants.
Du mythe du golem au virus : le vivant n’est pas programmable
Le golem, figure façonnée de lettres hébraïques, prend vie par le souffle. Mais ôter une seule lettre, et il devient mort.
Pour les intervenants, ce mythe reflète les dérives actuelles du transhumanisme et d’une technologie sans racine symbolique.
Le virus, quant à lui, devient une figure archétypale : il résiste à la maîtrise, rappelle la nature indomptable et convoque une régulation vitale.
Confinement et gestes barrières : quels effets sur l’humain ?
Le confinement a bouleversé les frontières entre intérieur et extérieur.
Certains y ont vu une cabane propice à l’introspection ; d’autres, une cabane verrouillée par la peur de l’autre.
La question du lien, centrale dans la thérapie, traverse les échanges : comment cultiver une parole vivante, une présence réelle, quand le contact devient médiatisé, filtré, distancié ?
Crise sanitaire : une mutation intérieure possible, mais non garantie
Selon Gérard Ostermann, la pandémie pourrait être le prélude à une métanoïa, une transformation intérieure à l’échelle individuelle et collective.
Mais ce retournement ne peut être imposé : il suppose un engagement intime, une réhabilitation du symbolique et une relecture des grands mythes.
Et surtout, il appelle à habiter autrement la technique : comme un outil au service du lien, non comme une prothèse qui remplace le vivant.
Questions fréquentes sur la symbolique, la statistique et le mythe
Le virus est-il considéré comme un ennemi dans ce webinaire ?
Non. Il est présenté comme un signe, un archétype, voire une régulation de la nature face à une humanité déconnectée du vivant.
Pourquoi le mythe du golem est-il pertinent aujourd’hui ?
Il symbolise la tentative de créer un être vivant sans souffle, donc sans symbolique. Il reflète les dérives de la technicisation du monde.
Quelle place occupe la parole dans un monde gouverné par la statistique ?
Une place centrale. La parole inspirée, engageante, permet d’ouvrir l’imaginaire, de créer du lien et de relier les vécus.
Pourquoi revenir aux grands mythes dans le monde contemporain ?
Les intervenants insistent sur la richesse des mythes comme récits collectifs porteurs de sens, capables de nourrir une parole vivante.
