Repenser le vivant

Dans un monde marqué par la saturation des normes et la perte de repères sensibles, ce webinaire propose de repenser le vivant comme une dynamique relationnelle, incarnée et créatrice, au cœur des pratiques de soin et d’accompagnement.

Deux personnes face à face tenant une jeune plante et un oiseau, reliés par une onde lumineuse, en noir et blanc avec touches rose et violet.

En bref

Une exploration du vivant à partir du lien et de l’expérience - en bref

  • Le vivant comme processus relationnel, et non comme entité figée
  • L’importance de l’expérience vécue, du sensible et du perceptif
  • La place du désordre, de l’imprévisible et de l’autorégulation
  • Les liens entre corps habité, création et transformation
  • L’articulation entre singularité, collectif intime et collectif sociétal

Quels sont les intervenants pour ce webinaire ?

À partir de leurs expériences croisées — clinique, relationnelle, artistique et écologique — Eric Bardot et Claudie Gatineau interrogent les manières dont le vivant se construit, se transforme et se transmet.
Ils proposent un déplacement du regard, au-delà des oppositions classiques entre nature et culture, corps et pensée, individu et collectif, pour réinscrire le vivant dans une dynamique relationnelle, sensible et créatrice.

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Le vivant n’est pas un programme

À partir des apports de l’épigénétique, Claudie Gatineau rappelle que le vivant ne fonctionne pas selon un programme prédéterminé.
Les gènes ne suffisent pas à expliquer ce que nous devenons : ce sont les conditions relationnelles, les contextes et les expériences qui activent ou non certaines potentialités.

Cette lecture permet de penser le vivant comme une dynamique ouverte, sensible aux interactions et aux perturbations, et d’abandonner une vision strictement mécaniste au profit d’une compréhension plus complexe et plus vivante des processus d’émergence.

Le vivant émerge des interactions et des conditions relationnelles plutôt que d’un programme biologique figé.
Le vivant ne se réduit pas à un programme génétique mais se transforme au fil des interactions et des contextes.
Le sensible et le perceptif comme dimensions essentielles de l’orientation et de l’ajustement du vivant.
Le sensible constitue une ressource essentielle pour s’orienter, s’ajuster et créer du sens.

Le sensible et le perceptif comme ressources fondamentales

Eric Bardot propose de déplacer le regard vers le sensible et le perceptif, dimensions souvent disqualifiées dans les approches contemporaines dominées par le contrôle et la rationalisation.

Le sensible n’est pas une faiblesse archaïque.
Il constitue une ressource essentielle pour l’orientation, l’ajustement et la création de sens.

Le vivant se manifeste dans :

  • la capacité à être affecté,
  • l’accueil de la rencontre,
  • la mise en forme relationnelle de ce qui émerge dans l’entre-deux.

Désordre, bruit et autorégulation

Le webinaire insiste sur un point fondamental : le vivant se construit toujours avec le désordre, le bruit et l’imprévisible.

Plutôt que de chercher à les éliminer, les systèmes vivants s’organisent en intégrant les perturbations.
Cette capacité d’autorégulation repose sur :

  • le lien aux autres,
  • la plasticité des formes,
  • la possibilité de réorganisation après rupture.

Toute tentative de contrôle absolu rigidifie les systèmes et fragilise le vivant.

Le vivant s’organise en intégrant le désordre, le bruit et l’imprévisible grâce au lien relationnel.
Le vivant ne supprime pas le désordre, il l’intègre pour se réorganiser.

Corps habité, création et imaginaire

Le corps n’est pas un simple support fonctionnel.
Il est un corps habité, traversé par des affects, des images et des récits.

La création — artistique, relationnelle ou clinique — devient alors un mode d’expression privilégié du vivant.
Poésie, mouvement et narration permettent de :

  • redonner une forme sensible à l’expérience,
  • relier le corps, l’imaginaire et le sens,
  • soutenir des processus de transformation là où le langage conceptuel atteint ses limites.
Le corps habité exprime le vivant à travers la création, le mouvement et l’imaginaire.
La création permet au vivant de s’exprimer là où le langage conceptuel atteint ses limites.

Le vivant comme dynamique de vie et de mort

Repenser le vivant implique d’intégrer la perte, la finitude et la mort.
Le vivant n’est pas la vie contre la mort, mais le jeu dynamique entre les deux, inscrit dans une temporalité cyclique.

Toute rigidification excessive mène à l’effondrement.
À l’inverse, la capacité à laisser advenir le déséquilibre ouvre la possibilité de nouvelles formes et de nouvelles organisations du lien.

Le vivant se déploie dans une dynamique cyclique intégrant la perte, la finitude et l’émergence.
Le vivant se transforme en intégrant la perte et le déséquilibre.

Questions fréquentes autour du vivant et de la relation

Le vivant se réduit-il à la biologie ?

Non. Il inclut la relation, le sens, l’expérience et les processus de transformation qui traversent les individus et les collectifs.

Le sensible est une ressource centrale pour l’ajustement, l’orientation et la création de formes relationnelles vivantes.

Parce qu’il rigidifie les systèmes et empêche l’autorégulation nécessaire aux processus de transformation.

Il constitue l’espace où la singularité peut se déployer avant d’entrer en interaction avec le collectif sociétal.

Non. La vie et la mort forment une dynamique indissociable qui structure le vivant.

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