Quand la surmédiatisation crée l’illusion de l’humain en relation

Ce webinaire interroge les effets de la surmédiatisation sur notre capacité à penser, dialoguer et être réellement en relation.

À travers une lecture clinique et médiatique, il met en lumière l’illusion contemporaine d’un lien omniprésent qui, à force de saturation, se vide de sens et fragilise la pensée vivante, le dialogue et l’expérience de l’intime.

Webinaire sur l’illusion de la relation humaine créée par la surmédiatisation et les dispositifs numériques
Quand la surmédiatisation crée l’illusion de l’humain en relation

En bref

L'essentiel du webinaire sur les effets de la surmédiatisation

Dans ce webinaire de l’Institut Mimethys, Éric Bardot, psychiatre, et Sandy Vendrely, ex-responsable éditoriale et thérapeute, interrogent les effets de la surmédiatisation sur notre capacité à penser, dialoguer et être en relation.

À travers une réflexion clinique et médiatique, ils mettent en lumière une illusion contemporaine : celle d’un lien omniprésent… mais vidé de sa substance.

Quand la sursaturation médiatique empêche de penser

La multiplication des messages identiques sur tous les canaux médiatiques ne favorise pas la réflexion : elle crée une rumination mentale collective.
La répétition remplace le sens, et la pensée vivante cède la place à une norme intériorisée.

Penser n’est pas accumuler des contenus.

Penser suppose :

  • un contexte ;
  • une intention ;
  • un temps d’élaboration.

Or, la surmédiatisation court-circuite ces conditions.

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Des mots creux à l’illusion du dialogue

Les intervenants distinguent les mots habités, porteurs d’expérience et de relation, des mots creux, manipulables, normatifs, déconnectés du vécu.

Lorsque ces mots creux sont surdiffusés :

  • ils donnent l’illusion d’un dialogue ;
  • mais activent en réalité un monologue intérieur contraint ;
  • enfermant l’individu entre soumission, opposition ou retrait.

Le langage cesse alors d’être un espace de rencontre.

Bulles de dialogue vides flottant dans l’air, symbolisant un échange creux, avec accents Mimethys
Quand les mots résonnent sans rencontrer l’autre.

Dialogue ou monologue : une frontière essentielle

Le dialogue véritable suppose une rencontre de deux intelligences, laissant émerger un troisième espace : celui du sens partagé.

À l’inverse, la communication sursaturée :

  • impose une réaction immédiate ;
  • empêche la distanciation ;
  • réduit la relation à une réponse réflexe.

Cette confusion produit une illusion de lien, sans véritable relation.

Deux visages entourés de flèches circulaires retournant vers eux-mêmes, avec accents Mimethys.
Quand la communication tourne en boucle et cesse d’être un lien.

Sursaturation, sidération et réponses de survie

Face à la pression médiatique, trois réactions dominent :

  • la lutte (opposition) ;
  • la fuite (retrait) ;
  • la soumission (adhésion normative).

Ces réponses relèvent de mécanismes de survie, non de choix conscients.
La pensée créatrice se fige, laissant place à la sidération et à la dissociation.

Personnage immobile entouré de messages violents et d’ombres de lutte, fuite et soumission.
Sous pression, la pensée se fige et la survie prend le dessus.

Langage « sniper » et violence symbolique

Les échanges évoquent l’émergence d’un langage percutant, rapide, normatif, fait de punchlines.
Ce langage écrase l’autre au lieu de le rencontrer.

Privée de mots porteurs de sens, la relation devient violente :

  • la violence remplace la parole ;
  • l’agressivité pallie l’impossibilité de penser ensemble.
Flèches acérées en forme de mots stylisés, fonçant en direction d’un interlocuteur invisible.
Quand les mots blessent au lieu de relier.

Trauma collectif et déshumanisation

La surmédiatisation participe à un climat de trauma collectif :

  • confusion des repères ;
  • effacement de l’intime ;
  • perte de la capacité à symboliser.

Le soin, la relation et la clinique sont alors menacés par une vision opératoire, hygiéniste et désincarnée de l’humain.

Silhouettes marchant mécaniquement dans un brouillard, visages effacés sous des grilles de données.
Quand la surmédiatisation efface l’intime et l’humain.

Réhabiliter la relation vivante

Face à cette dérive, Eric Bardot et Sandy Vendrely rappellent l’essentiel :

  • la relation précède l’autonomie ;
  • le lien est fondateur de la pensée ;
  • la technique doit rester au service du vivant.

L’émerveillement, la gratitude et l’intentionnalité habitée demeurent des ressources essentielles pour préserver l’humain en relation.

Petite pousse fragile émergeant au-dessus d’engrenages métalliques, avec accents Mimethys.
Le vivant comme réponse à la saturation médiatique.

FAQ – Surmédiatisation et relation humaine

Oui, lorsqu’elle impose des messages répétés, simplifiés ou normatifs, la surmédiatisation peut entraver la capacité à penser. Elle sollicite en permanence l’émotion, l’urgence et la réaction, au détriment des temps de recul nécessaires à l’élaboration psychique.

Exposées à un flux continu d’informations, les personnes sont souvent invitées à prendre position rapidement, à réagir avant même d’avoir pu mettre en sens ce qu’elles perçoivent. Cette dynamique favorise des réponses automatiques — adhésion, rejet, sidération — plutôt qu’un véritable travail de réflexion. La pensée se trouve alors court-circuitée par l’intensité émotionnelle, la répétition et la polarisation des discours.

Sur le plan clinique et relationnel, cette surstimulation peut renforcer des états de figement, d’impuissance ou de confusion, notamment chez les personnes déjà fragilisées par l’incertitude ou l’insécurité. L’excès de messages extérieurs laisse peu de place à l’expérience intérieure, à la nuance, à la complexité des vécus individuels et collectifs.

Penser suppose en effet un rythme, un espace de silence, de mise à distance et de dialogue. Or la surmédiatisation tend à occuper tout l’espace psychique disponible, réduisant les possibilités d’appropriation personnelle de l’information. Elle peut ainsi affaiblir la capacité à relier les faits, à contextualiser, à interroger les implicites et à élaborer un point de vue singulier.

Dans cette perspective, retrouver des conditions favorables à la pensée passe par la réhabilitation du lien, de la parole partagée et de l’expérience vécue. Il s’agit moins de se couper de l’information que de réintroduire du choix, du temps et du discernement, afin que l’information puisse redevenir matière à réflexion plutôt que déclencheur de réactions immédiates.

Un mot déconnecté de l’expérience vécue, utilisé comme concept ou norme sans résonance affective.

Parce que la communication sursaturée donne l’impression d’être en lien, sans permettre une véritable rencontre.

La perte de sens, la sidération et la dissociation sont des marqueurs d’un climat traumatique partagé.

En réhabilitant le dialogue, le temps, l’intentionnalité et l’expérience sensible.

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