Définir la confiance : un état dynamique et relationnel
La confiance est difficile à définir précisément.
Pour Christian Petel, elle ne se réduit pas à un état stable : elle est un processus vivant, toujours en mouvement, toujours éprouvé dans la relation.
Les intervenants distinguent plusieurs dimensions :
- la confiance en soi ;
- la confiance en l’autre ;
- la confiance existentielle (rapport à la vie et à l’incertitude) ;
- la confiance relationnelle, au cœur du dialogue humain.
Dans tous les cas, la confiance ne se décrète pas : elle se construit dans l’ajustement mutuel.
Méfiance et défiance : deux réalités profondément différentes
La méfiance et la défiance sont souvent confondues. Pourtant, leur fonction relationnelle est radicalement différente.
La méfiance : un signal relationnel
La méfiance apparaît lorsqu’un désaccord, une blessure ou un malentendu surgit.
Elle exprime une difficulté, mais cherche encore la relation.
La méfiance :
- envoie un signal à l’autre ;
- appelle un ajustement ;
- peut devenir un moment fondateur du dialogue ;
- participe au processus de construction de la confiance.
La défiance : une position figée
La défiance, à l’inverse, généralise la méfiance et la transforme en position existentielle.
Elle se caractérise par :
- le rejet de l’autre comme sujet légitime ;
- la croyance que la relation est forcément destructrice ;
- l’isolement ou la collusion avec des positions similaires ;
- la rigidification identitaire.
La défiance n’est pas un simple désaccord : elle rompt le dialogue.
Le dialogue humain : écouter avant de parler
Contrairement à une idée répandue, le dialogue ne repose pas d’abord sur l’expression de sa position, mais sur la capacité d’écoute.
Écouter l’autre, c’est :
- reconnaître sa légitimité à dire ;
- accepter la complexité ;
- créer un contexte de sécurité.
Sans cette reconnaissance, le dialogue se transforme en une suite de monologues, chacun parlant sans rencontrer l’autre.
Reconnaissance, altérité et confiance
La confiance se nourrit de la reconnaissance mutuelle :
- reconnaissance de la parole ;
- reconnaissance de l’intention ;
- reconnaissance de l’altérité.
Lorsque l’autre est réduit à une identité (victime, abuseur, opposant, dissident…), la relation s’appauvrit et la défiance s’installe.
À l’inverse, reconnaître l’autre comme sujet ouvre un espace de transformation, même dans le conflit.
Prendre le risque de la relation
Il n’y a pas de reconstruction de la confiance sans prise de risque relationnelle.
Attendre que l’autre fasse le premier pas revient souvent à installer une mise à l’épreuve permanente, voire une défiance réciproque.
La confiance se recrée lorsque l’un accepte de :
- s’engager ;
- montrer sa vulnérabilité ;
- agir sans garantie immédiate de retour.
Temps, futur et responsabilité
Les intervenants insistent sur une idée centrale :
ce n’est pas le passé qui détermine le futur, mais la préoccupation du futur qui oriente le présent.
Dans les situations de crise :
- le règlement de comptes est parfois nécessaire ;
- mais il devient stérile s’il n’est pas dépassé.
La responsabilité relationnelle consiste à se demander : quelles seront les conséquences de ce que je dis et fais pour l’avenir des relations humaines ?
Confiance en soi : un produit de la relation
La confiance en soi n’est pas une construction solitaire.
Elle émerge de :
- la reconnaissance de l’autre ;
- l’appartenance à la communauté humaine ;
- l’altérité dialogique.
Comme le rappelle Martin Buber :
« Je deviens Je quand l’autre me dit Tu. »
Une confiance en soi coupée de la relation mène à l’individualisme, non à la solidité intérieure.
Une intelligence relationnelle plus forte que les obstacles
Le webinaire se conclut sur une note d’espérance :
malgré les écrans, les masques et les contraintes, la relation humaine trouve toujours des chemins.
La technique ne remplace pas le lien, mais le lien dépasse la technique.
La relation humaine, lorsqu’elle est vivante, contourne les obstacles et se réinvente.
Questions clés sur la confiance, la méfiance et le dialogue humain
Quelle est la différence entre méfiance et défiance ?
La méfiance est contextuelle et relationnelle ; la défiance est une position figée qui disqualifie l’autre.
La méfiance peut-elle être utile ?
Oui. Elle peut signaler un désaccord et ouvrir un ajustement relationnel.
Pourquoi la défiance est-elle dangereuse ?
Parce qu’elle rompt le dialogue, rigidifie les positions et favorise l’isolement ou la collusion idéologique.
La confiance est-elle un état stable ?
Non. C’est un processus dynamique, toujours éprouvé dans la relation.
Comment reconstruire la confiance ?
Par la reconnaissance mutuelle, l’écoute, la prise de risque relationnelle et une orientation vers l’avenir.
