Entre méfiance, défiance et confiance, les avatars du dialogue humain

Ce webinaire explore les dynamiques de méfiance, de défiance et de confiance qui traversent le dialogue humain, dans un contexte marqué par la crise et la rigidification des positions.

À partir de situations cliniques, familiales et sociétales, il interroge les conditions relationnelles nécessaires à la reconstruction du lien, et ce qui permet, malgré les ruptures et les conflits, de rouvrir un espace de dialogue vivant.

Webinaire explorant les dynamiques de méfiance, de défiance et de confiance dans le dialogue humain
Entre méfiance, défiance et confiance, les avatars du dialogue humain

En bref

Contenu du webinaire

Dans ce webinaire de l’Institut Mimethys, Éric Bardot, psychiatre et pédopsychiatre, et Christian Petel, psychiatre et thérapeute familial, explorent les dynamiques de méfiance, de défiance et de confiance qui traversent le dialogue humain.

À partir de situations cliniques, familiales et sociétales, ils interrogent les conditions relationnelles nécessaires à la reconstruction du lien dans un monde marqué par la crise et la rigidification des positions.

Définir la confiance : un état dynamique et relationnel

La confiance est difficile à définir précisément.
Pour Christian Petel, elle ne se réduit pas à un état stable : elle est un processus vivant, toujours en mouvement, toujours éprouvé dans la relation.

Les intervenants distinguent plusieurs dimensions :

  • la confiance en soi ;
  • la confiance en l’autre ;
  • la confiance existentielle (rapport à la vie et à l’incertitude) ;
  • la confiance relationnelle, au cœur du dialogue humain.

Dans tous les cas, la confiance ne se décrète pas : elle se construit dans l’ajustement mutuel.

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Boussole en mouvement face à un mur de briques infranchissable, accents Mimethys.
Méfiance : un signal. Défiance : une fermeture.

Méfiance et défiance : deux réalités profondément différentes

La méfiance et la défiance sont souvent confondues. Pourtant, leur fonction relationnelle est radicalement différente.

La méfiance : un signal relationnel

La méfiance apparaît lorsqu’un désaccord, une blessure ou un malentendu surgit.
Elle exprime une difficulté, mais cherche encore la relation.

La méfiance :

  • envoie un signal à l’autre ;
  • appelle un ajustement ;
  • peut devenir un moment fondateur du dialogue ;
  • participe au processus de construction de la confiance.

La défiance : une position figée

La défiance, à l’inverse, généralise la méfiance et la transforme en position existentielle.

Elle se caractérise par :

  • le rejet de l’autre comme sujet légitime ;
  • la croyance que la relation est forcément destructrice ;
  • l’isolement ou la collusion avec des positions similaires ;
  • la rigidification identitaire.

La défiance n’est pas un simple désaccord : elle rompt le dialogue.

Le dialogue humain : écouter avant de parler

Contrairement à une idée répandue, le dialogue ne repose pas d’abord sur l’expression de sa position, mais sur la capacité d’écoute.

Écouter l’autre, c’est :

  • reconnaître sa légitimité à dire ;
  • accepter la complexité ;
  • créer un contexte de sécurité.

Sans cette reconnaissance, le dialogue se transforme en une suite de monologues, chacun parlant sans rencontrer l’autre.

Oreille stylisée se transformant en pont lumineux reliant deux visages.
Le dialogue naît toujours de l’écoute.
Deux mains tenant chacune un miroir dans lequel apparaît le visage de l’autre.
Voir l’autre comme sujet : le fondement de la confiance.

Reconnaissance, altérité et confiance

La confiance se nourrit de la reconnaissance mutuelle :

  • reconnaissance de la parole ;
  • reconnaissance de l’intention ;
  • reconnaissance de l’altérité.

Lorsque l’autre est réduit à une identité (victime, abuseur, opposant, dissident…), la relation s’appauvrit et la défiance s’installe.

À l’inverse, reconnaître l’autre comme sujet ouvre un espace de transformation, même dans le conflit.

Prendre le risque de la relation

Il n’y a pas de reconstruction de la confiance sans prise de risque relationnelle.

Attendre que l’autre fasse le premier pas revient souvent à installer une mise à l’épreuve permanente, voire une défiance réciproque.

La confiance se recrée lorsque l’un accepte de :

  • s’engager ;
  • montrer sa vulnérabilité ;
  • agir sans garantie immédiate de retour.
Personne avançant sur un pont de verre dans la brume, main tendue.
La confiance exige toujours un premier pas.

Temps, futur et responsabilité

Les intervenants insistent sur une idée centrale :
ce n’est pas le passé qui détermine le futur, mais la préoccupation du futur qui oriente le présent.

Dans les situations de crise :

  • le règlement de comptes est parfois nécessaire ;
  • mais il devient stérile s’il n’est pas dépassé.

La responsabilité relationnelle consiste à se demander : quelles seront les conséquences de ce que je dis et fais pour l’avenir des relations humaines ?

Archer visant une lumière à l’horizon, cordes anciennes qui se dissolvent.
Le futur oriente le présent.

Confiance en soi : un produit de la relation

La confiance en soi n’est pas une construction solitaire.
Elle émerge de :

  • la reconnaissance de l’autre ;
  • l’appartenance à la communauté humaine ;
  • l’altérité dialogique.

Comme le rappelle Martin Buber :
« Je deviens Je quand l’autre me dit Tu. »

Une confiance en soi coupée de la relation mène à l’individualisme, non à la solidité intérieure.

Une bougie éteinte s’allume au contact de la flamme d’une autre bougie.
La confiance se transmet dans la relation.
Rivière claire trouvant une fissure dans un mur de béton technologique.
Le vivant trouve toujours son passage.

Une intelligence relationnelle plus forte que les obstacles

Le webinaire se conclut sur une note d’espérance :
malgré les écrans, les masques et les contraintes, la relation humaine trouve toujours des chemins.

La technique ne remplace pas le lien, mais le lien dépasse la technique.
La relation humaine, lorsqu’elle est vivante, contourne les obstacles et se réinvente.

Questions clés sur la confiance, la méfiance et le dialogue humain

Quelle est la différence entre méfiance et défiance ?

La méfiance est contextuelle et relationnelle ; la défiance est une position figée qui disqualifie l’autre.

Oui. Elle peut signaler un désaccord et ouvrir un ajustement relationnel.

Parce qu’elle rompt le dialogue, rigidifie les positions et favorise l’isolement ou la collusion idéologique.

Non. C’est un processus dynamique, toujours éprouvé dans la relation.

Par la reconnaissance mutuelle, l’écoute, la prise de risque relationnelle et une orientation vers l’avenir.

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