Qu’est-ce que le lien en thérapie ?
Le lien est un terme omniprésent dans le champ thérapeutique, mais rarement défini avec précision.
Pour Bruno Dubos et Éric Bardot, le lien ne se réduit ni à une alliance verbale ni à une intention consciente.
Le lien repose sur deux fondements indissociables :
- la sécurité, comme expérience corporelle vécue ;
- la confiance, comme conséquence relationnelle de cette sécurité.
Avant d’être pensé ou verbalisé, le lien est ressenti.
Synchronisation corporelle et sécurité relationnelle
La synchronisation constitue le socle du lien, qu’il soit interhumain ou thérapeutique.
Elle s’exprime à travers :
- le rythme ;
- la respiration ;
- la posture ;
- la présence corporelle partagée.
Cette synchronisation crée un espace-temps commun, condition indispensable à toute rencontre thérapeutique. Sans cet espace partagé, il n’y a pas de relation possible, seulement des interactions juxtaposées.
Corps en mouvement ou corps en relation ?
Les intervenants soulignent une distinction essentielle : un corps en mouvement n’est pas nécessairement un corps en relation.
Certaines personnes peuvent présenter une grande aisance corporelle fonctionnelle (danse, sport, performance), tout en étant profondément figées dans le lien.
La limitation corporelle se manifeste alors dans la relation, et non dans la motricité en elle-même.
Cette distinction est centrale en clinique, notamment dans les troubles alimentaires, les traumas ou les troubles de l’attachement.
Attachement, permanence du lien et mémoire corporelle
Le lien d’attachement s’inscrit dans le corps avant de s’inscrire dans la pensée.
Lorsque la relation thérapeutique est sécurisée, elle laisse une mémoire corporelle du lien, qui perdure même en l’absence physique du thérapeute.
Cette permanence du lien permet au patient de :
- s’autoriser des expériences nouvelles ;
- prendre des décisions ;
- explorer son monde relationnel avec plus de sécurité.
Hypnose : créer un espace relationnel spécifique
L’hypnose n’est pas envisagée ici comme une technique opératoire, mais comme la création d’un contexte relationnel particulier.
Ce contexte permet :
- un ralentissement du rythme ;
- une mobilisation du sensorimoteur ;
- un accès à l’imaginaire incarné ;
- une réactivation des capacités naturelles de synchronisation.
L’hypnose devient alors un outil de réaccordage relationnel.
Mimétisme, accordage et développement
Le mimétisme n’est pas une imitation mécanique.
Il s’agit d’une fonction fondamentale du vivant, permettant :
- la lecture des états intentionnels de l’autre ;
- l’ajustement relationnel ;
- la co-construction d’une expérience partagée.
Dans la relation thérapeutique, cette dimension mimétique soutient la croissance, la créativité et la restauration du lien d’attachement.
Dissociation, réassociation et hypnose relationnelle
Les intervenants distinguent clairement :
- les dissociations traumatiques (rupture du lien) ;
- les jeux naturels de désassociation/réassociation, propres à l’imaginaire vivant.
L’hypnose relationnelle vise à lever les dissociations dysfonctionnelles, en permettant au patient de se réassocier à son corps, à ses sensations et à la relation.
Sans lien corporel, le langage hypnotique perd sa portée thérapeutique.
Langage hypnotique et incarnation
Le langage hypnotique n’agit pas par les mots seuls, mais par leurs attributs relationnels :
- la voix ;
- le rythme ;
- la présence ;
- la résonance corporelle.
Une métaphore n’est thérapeutique que lorsqu’elle est incarnée par le thérapeute et vécue corporellement par le patient.
Le langage devient alors une véritable chanson de geste, qui mobilise sensations, émotions et images.
Hypnose, lien et créativité
L’hypnose relationnelle ouvre un espace de créativité, à condition qu’elle se déploie dans le lien.
Contrairement à l’autohypnose isolée, elle permet l’émergence de nouvelles expériences relationnelles, qui serviront de matrice pour la vie quotidienne.
Le critère de validité du travail thérapeutique reste toujours le même : ce qui se transforme dans l’espace de vie du patient.
Questions clés sur le lien d’attachement, le corps et l’hypnose
Qu’est-ce que le lien d’attachement en thérapie ?
C’est une expérience relationnelle sécurisée qui s’inscrit d’abord dans le corps avant de s’inscrire dans la pensée.
Quelle différence entre corps en mouvement et corps en relation ?
Un corps en mouvement peut être performant sans être engagé dans la relation. Le corps en relation s’ajuste à l’autre.
Pourquoi la synchronisation est-elle centrale ?
Parce qu’elle crée un espace-temps commun, condition de la sécurité et de la confiance.
L’hypnose est-elle une technique ou une relation ?
Dans ce webinaire, l’hypnose est pensée comme un contexte relationnel spécifique, et non comme une technique isolée.
L’autohypnose suffit-elle en thérapie ?
Non. Elle peut soutenir, mais ne remplace pas l’expérience du lien et de la triangulation relationnelle.
