De l’inceste au monde de l’inceste. Comment renaître ?

Penser l’inceste au-delà de l’acte, comme un monde relationnel traumatique qui façonne durablement les liens, les silences et les identités.

Ce webinaire explore les conditions d’une sortie possible de cet enfermement, en distinguant reconnaissance de la souffrance et reconstruction relationnelle.
Un chemin exigeant, mais ouvrant à une renaissance humaine, au-delà de l’emprise du trauma.

Webinaire abordant les effets de l’inceste et les processus de reconstruction et de renaissance relationnelle
De l’inceste au monde de l’inceste. Comment renaître ?

En bref

Contenu du webinaire

Dans ce webinaire de l’Institut Mimethys, Éric Bardot, psychiatre et pédopsychiatre, et Julien Betbèze, psychiatre spécialiste des approches narratives, interrogent l’inceste au-delà de l’acte pour en explorer le monde traumatique qu’il engendre.

À partir de leurs expériences cliniques et personnelles, ils ouvrent une réflexion exigeante sur le secret, la parole, la dévictimisation et les conditions d’une possible renaissance.

De l’acte incestueux au « monde de l’inceste »

Réduire l’inceste à un acte sexuel est insuffisant.
Les intervenants proposent de penser l’inceste comme un monde : un système relationnel sans limites, où se confondent intentions, actions, amour, domination et peur.

Ce monde :

  • dépasse l’acte lui-même, ;
  • imprègne les relations familiales ;
  • altère durablement la subjectivité ;
  • enferme victimes, proches et parfois soignants.
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Webinaire présenté par Eric Bardot, Stéphane Roy et Julien Betbèze.

« Personne adulte assise dans une cellule en noir et blanc, tête entre les mains, avec des touches de rose et violet en arrière-plan symbolisant le secret comme prison relationnelle. »
« Le secret du monde incestueux : une prison relationnelle qui isole et menace la parole. »

Le secret : une prison relationnelle

Le secret est au cœur du monde incestueux.
Il lie la parole à la destruction : « Si tu parles, tout s’effondre ».

Lever le secret ne suffit pas.
Encore faut-il que la parole :

  • soit accueillie ;
  • soit reconnue ;
  • trouve un écho humain et relationnel.

Sans cela, le risque est de re-traumatiser la personne, y compris par des dispositifs judiciaires ou sociaux non contenants.

Parole, cri et instrumentalisation sociale

Les intervenants distinguent le cri de la parole.

  • Le cri exprime l’insupportable ;
  • La parole relie, met en sens, restaure la dignité.

Un danger majeur réside dans l’instrumentalisation sociale de la parole des victimes :
lorsque le témoignage devient support idéologique, la personne risque d’être à nouveau dépossédée de son histoire.

« Groupe d’adultes en noir et blanc dont certains crient, avec des touches de rose et violet en arrière-plan, illustrant la différence entre cri et parole dans l’accompagnement des victimes. »
« Distinguer le cri de la parole pour ne pas instrumentaliser le témoignage des victimes. »
« Trois professionnels de la relation d’aide en noir et blanc, en échange sérieux, avec des touches de rose et violet évoquant le travail clinique pour distinguer une personne de ses actes. »
« Distinguer l’abuseur de l’acte : rouvrir un espace humain sans excuser ni minimiser. »

Distinguer l’abuseur de l’acte : une condition de libération

L’un des points les plus délicats — et les plus essentiels — du webinaire concerne la distinction entre l’identité d’une personne et ses actes.

  • L’acte incestueux est inacceptable et destructeur.
  • Mais réduire une personne à cet acte enferme la victime dans le monde traumatique.

La diabolisation totale :

  • empêche la dévictimisation,
  • fige les identités,
  • bloque toute reconstruction relationnelle.

Distinguer ne signifie ni excuser, ni pardonner, mais rouvrir un espace humain.

Idéologie victimaire et enfermement

Les intervenants alertent sur une dérive contemporaine : lorsque la reconnaissance de la souffrance devient une identité victimaire figée, elle peut empêcher la rencontre et la renaissance.

Reconnaître la victime est nécessaire.
L’y enfermer à vie est une nouvelle forme de violence.

Le travail thérapeutique vise un processus de démobilisationsortir du monde de l’inceste pour réinvestir le monde humain.

« Scène en noir et blanc évoquant un cadre de prison avec des professionnels en discussion, symbolisant le risque d’enfermer une personne dans une identité victimaire. »
« Reconnaître la victime sans l’y enfermer : éviter une nouvelle forme de violence. »

La flamme de vie et la renaissance possible

Même dans les contextes les plus extrêmes, le monde traumatique n’envahit jamais tout.
Il subsiste toujours :

  • des zones de résistance ;
  • des gestes de survie ;
  • une flamme de vie.

C’est en honorant cette flamme — par la relation, le jeu, la culture, le sport, la création — qu’un chemin de croissance post-traumatique devient possible.

Renaître ne signifie pas oublier, mais se réapproprier sa vie hors de l’emprise du trauma.

« Trois adultes en noir et blanc entourant une petite flamme de bougie, avec des touches de rose et violet, symbolisant la flamme de vie et la possibilité de renaissance après le trauma. »
« Honorer la flamme de vie : vers une croissance post-traumatique possible. »

Témoignage

Je m’appelle Annie,

Je viens de regarder votre Webinaire intitulé: « De l’inceste au monde de l’inceste. Comment renaître ».

J’ai découvert ce webinaire un peu par hasard, sur Youtube.

Je voulais vous remercier profondément pour tout ce que ce Webinaire m’a apporté.

Je ne suis pas une victime d’inceste, mais j’ai subi de graves abus (abus spirituels, abus de confiance, abus de pouvoir, abus de conscience, accompagnés de maltraitances physiques) dans une communauté religieuse nouvelle.

Je pense que si les abus que j’ai subis sont différents des abus incestueux, on peut établir une réelle analogie entre les conséquences respectives de ces abus sur ceux et celles qui les ont vécus.

Votre approche de ces questions m’a beaucoup aidée à relire ma propre histoire, tout à la fois en sa dimension personnelle et en ses interactions avec tous ceux et/ou celles qui ont été concernés par ces mêmes abus (abuseurs ou victimes).

Vous m’avez apporté beaucoup de « lumières existentielles », et aussi du courage pour poursuivre mon chemin de résilience.

Merci pour votre approche qui sait prendre du recul par rapport à l’idéologie bien-pensante actuelle, laquelle impose ses critères et ses lois à bon nombre de ceux parlent des phénomènes d’abus en tout genre et qui, au final, nous enferment dans le monde de ces abus.

Merci.

Annie

Questions fréquentes sur l’inceste, le trauma et la renaissance

Un système relationnel traumatique qui dépasse l’acte incestueux et affecte durablement les liens et la subjectivité.

Parce qu’il associe la parole à la destruction et empêche toute reconnaissance humaine.

Non. C’est une condition pour sortir de l’emprise traumatique et retrouver une liberté intérieure.

Non. Elle peut lever le secret, mais seule la reconnaissance relationnelle permet une reconstruction.

Oui, à partir de la flamme de vie qui résiste toujours au trauma, soutenue par des relations sécures.

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