Quelle place pour les savoirs expérientiels, cliniques et scientifiques dans la pratique du soin ?

Entre clinique, expérience sensible et discours scientifique, Éric Bardot et Stéphane Roy explorent la complexité du soin dans un monde troublé par la crise sanitaire.

Webinaire sur l’articulation entre savoirs expérientiels, cliniques et scientifiques dans la pratique du soin
Quelle place pour les savoirs expérientiels, cliniques et scientifiques dans la pratique du soin ?

En bref

Résumé du webinaire : savoirs expérientiels, clinique et science

Ce webinaire de l’Institut Mimethys questionne la légitimité et les interactions entre savoirs expérientiels, cliniques et scientifiques dans la pratique des soignants.

Face à la confusion entre discours normatif et expérience du terrain, les intervenants plaident pour une posture de décentration et d’alliance, centrée sur le lien.

Savoirs expérientiels, cliniques et scientifiques : quelles articulations ?

Éric Bardot et Stéphane Roy posent d’emblée la question du schisme entre l’individuel et le collectif. L’expérience sensible, vécue dans le lien thérapeutique, est souvent disqualifiée face à un discours scientifique instrumentalisé.

Pourtant, le soin s’enracine dans une dynamique entre observation, introspection et intuition.

Le savoir expérientiel n’est pas une accumulation, mais un processus vivant, en interaction avec le collectif intime.

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Silhouette isolée dans un sablier dont le verre-miroir laisse couler un sable numérique et impersonnel.
Quand le collectif sociétal submerge le collectif intime.

Crise sanitaire : confinement, dissociation et relation au monde

La pandémie a mis en lumière les tensions entre enfermement intérieur et assignation extérieure. La confusion entre vérité individuelle et vérité collective reflète un brouillage du lien, où l’affectif peine à trouver sa place dans le discours dominant.

Le collectif intime, fragilisé, est alors vampirisé par le collectif sociétal, au risque d’effacer la singularité du patient comme celle du thérapeute.

Clinique du lien et processus de subjectivation

Face à la normativité, les intervenants défendent une posture clinique fondée sur la relation, l’observation fine et l’expérience affective partagée.

L’ajustement entre thérapeute et patient ne peut se penser sans introspection, décentration et reconnaissance du « monde relationnel » dans lequel se construit l’humain.

La clinique devient alors un lieu de transmission, d’expérience fondatrice et d’émergence du sens.

Deux mains tissant ensemble un même tissu multicolore, symbole du lien thérapeutique.
Le soin comme co-création relationnelle.
Microscopes en rang écrasant un échantillon organique sous une plaque gravée de codes-barres.
Quand le scientisme écrase la complexité du vivant.

Discours scientifique et normativité : quels risques ?

Lorsque la science devient scientiste, elle perd sa vocation d’exploration de l’inconnu. La démarche scientifique est alors confondue avec un discours de pouvoir, souvent utilisé à des fins idéologiques.

Cette décontextualisation produit une rationalisation qui efface la complexité du vivant, réduit l’humain à un comportement et étouffe l’expérience singulière dans des normes collectives figées.

Le savoir expérientiel comme matrice de la pratique du soin

Le savoir expérientiel n’est pas inférieur : il est au cœur de la pratique clinique. Il émerge dans l’alliance thérapeutique et s’enracine dans le corps, le lien et la mémoire collective.

Il n’est ni individuel ni universel : il est situé, relationnel, partagé.

En ce sens, il constitue une forme de science intuitive, qui interroge le vivant, accepte l’inconnu et s’appuie sur le doute constructif.

Quatre mains modelant ensemble une pièce d’argile sur un tour de potier.
Le savoir expérientiel se construit à deux.

Questions fréquentes sur les savoirs expérientiels, cliniques et scientifiques

Le savoir expérientiel est-il opposé au savoir scientifique ?

Non. Il est complémentaire. Il s’agit d’un savoir vivant, situé, en lien avec l’expérience et le collectif intime.

Lorsqu’il devient instrumentalisé ou normatif, il écrase l’expérience clinique et singulière.

Centrale. Elle permet la décentration, l’écoute de soi et de l’autre, et la co-construction du sens.

C’est la matrice relationnelle dans laquelle se construit la subjectivité : famille, proches, communauté vivante.

Une posture de décentration, d’alliance, de présence sensible, capable de faire dialoguer les différents savoirs.

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