L’intime comme expérience relationnelle
Ce webinaire s’inscrit dans la continuité des rencontres préparatoires au congrès Sidération – Effondrement – Renaissance. Il propose une réflexion clinique et sociétale sur une question centrale : comment penser la place de l’intime dans un espace social de plus en plus normatif et objectivant ?
À travers un dialogue entre Dr Eric Bardot, psychiatre et directeur de l’Institut Mimethys, et Stéphane Roy, psychologue et psychothérapeute, ce webinaire explore le passage de l’individu au sujet, en interrogeant les notions d’intime, de lien et de subjectivité.
Le webinaire précise que l’intime ne relève pas de l’intimité au sens du privé ou du caché. Il désigne ce qui est le plus profond de l’expérience humaine, et qui ne peut exister qu’en relation.
L’intime se construit dans les liens d’attachement, de détachement et de reconnaissance. Il ne peut être réduit à une expérience individuelle isolée : il est toujours déjà inscrit dans un collectif, d’abord familial, puis social.
Normes sociétales et objectivation de la souffrance
Un axe central du dialogue concerne les effets de la normativité sociétale. Lorsque seule compte ce qui est mesurable, quantifiable ou conforme, l’expérience subjective risque d’être invalidée.
Dans ce contexte, la psychothérapie peut devenir un outil d’adaptation normative, au détriment du sujet. Le webinaire met en garde contre cette dérive : réduire la souffrance à des critères normatifs conduit à une perte de sens et de légitimité subjective.
La psychothérapie comme espace de subjectivation
À l’inverse, lorsque la psychothérapie est pensée comme un espace de rencontre entre deux subjectivités, elle permet au sujet de retrouver une place dans le lien.
Le travail thérapeutique s’appuie alors sur :
- la reconnaissance de l’expérience vécue,
- la mise en forme de ce qui est ressenti,
- la possibilité d’un partage et d’un témoignage.
Ce processus ne vise pas l’adaptation à la norme, mais la construction d’une place singulière dans le collectif.
Toucher et être touché
Un point essentiel du webinaire concerne la notion de « toucher ensemble ». L’intime partagé n’est pas une révélation de soi, mais une expérience où le thérapeute et le patient sont engagés dans une rencontre authentique.
Cette rencontre suppose que le thérapeute accepte sa propre subjectivité, sans la projeter ni l’imposer. C’est dans cet espace ajusté que peut émerger un intime partagé, structurant pour le sujet.
Une réflexion au cœur de la clinique Mimethys
Ce webinaire illustre la pensée développée par l’Institut Mimethys : une clinique du lien, attentive aux effets des normes sociétales sur la subjectivité, et soucieuse de préserver des espaces où l’intime peut se dire, se partager et se transformer.
Intervenants
- Dr Eric Bardot, psychiatre, pédopsychiatre, directeur de l’Institut Mimethys.
- Stéphane Roy, psychologue, psychothérapeute, directeur adjoint de l’Institut Mimethys, HTSMA, TLMR.
Questions autour de l’intime et du lien social
L’intime relève-t-il du privé ?
Non. Il relève d’une expérience relationnelle profonde, qui ne peut exister hors du lien.
Pourquoi distinguer individu et sujet ?
Parce que l’individu est défini par des normes, tandis que le sujet se construit dans une subjectivité vivante et singulière.
La psychothérapie risque-t-elle de devenir normative ?
Oui, si elle se limite à l’adaptation aux critères sociaux sans reconnaître l’expérience subjective.
Quel est l’enjeu clinique majeur ?
Permettre au sujet de trouver une place singulière dans le collectif, sans renoncer à son intime.
