Quand l’attente du thérapeute entre en résonance avec celle du patient
Une patiente sidérée, un thérapeute déstabilisé, des attentes qui se heurtent : Vera Likaj raconte une séance marquée par la dissociation.
L’occasion de mettre en lumière ces instants de désaccordage, où les mondes relationnels du patient et du thérapeute se confrontent.
Comment sortir de la rivalité implicite ? En réactivant la coopération et l’exploration commune du vécu.
La posture missionnaire : un piège fréquent dans la relation d’aide
Stéphane Roy évoque une expérience marquante avec un patient en dépression, révélant à quel point le désir de réussir ou d’être reconnu peut enfermer le thérapeute dans une posture de sauveur. L’exemple illustre la tentation de convaincre, de se justifier, et la perte du « nous » thérapeutique.
Une relation fondée sur l’ego empêche la rencontre authentique.
Coopération ou rivalité : que faire des moments de désaccord thérapeutique ?
Face à la frustration, à la non-réponse, ou au silence du patient, la souffrance du thérapeute peut activer des réactions de pouvoir ou de retrait.
Mais ces moments sont aussi des opportunités : celle de co-construire un espace d’alliance, d’apprivoiser les mondes en présence, de transformer la dissociation en lien.
Encore faut-il pouvoir s’ajuster, écouter et nommer ce qui se joue.
Attachement, dépendance et permanence : vers une sécurité intérieure
L’attachement n’est pas un gros mot, rappellent les intervenants. Il est au cœur du lien thérapeutique. Mais il suppose de pouvoir traverser une phase de dépendance transitoire, pour construire une sécurité intérieure durable. L’expérience relationnelle sécure devient alors une base pour se déployer. Elle laisse une trace : celle d’un lien vivant, qui perdure au-delà de la thérapie.
Quand la relation devient fondatrice : transmission et mémoire du lien
Les patients n’emportent pas un thérapeute, mais une relation. Vera Likaj évoque ces gestes, ces regards, ces métaphores qui résonnent encore, longtemps après. Parfois, c’est une tierce figure — réelle ou imaginaire — qui devient ressource à travers la relation thérapeutique. Le thérapeute, passeur de mondes, aide à réconcilier les héritages blessés et les espoirs d’un attachement renouvelé.
Questions fréquentes sur la relation thérapeutique, l’attachement et la dissociation
Faut-il éviter l’attachement dans la relation thérapeutique ?
Non. L’attachement est inévitable et nécessaire. Il devient base sécurisante pour explorer les blessures anciennes et construire une autonomie relationnelle.
Comment gérer la souffrance du thérapeute dans la relation thérapeutique ?
En la reconnaissant, sans l’imposer. Elle peut être un levier d’ajustement si elle est apprivoisée et partagée avec justesse.
Que faire du silence ou de la méfiance du patient en thérapie ?
Ne pas l’interpréter hâtivement. Le silence peut être une information précieuse sur l’histoire relationnelle du patient.
Comment favoriser une coopération thérapeutique durable ?
En sortant des attentes implicites, en co-construisant l’espace relationnel, en reconnaissant les mondes de chacun.
Pourquoi parle-t-on de relation thérapeutique vivante ?
Parce que la relation thérapeutique, quand elle est sécure, laisse une trace affective durable, même après la séparation.
