Le corps du thérapeute comme boussole relationnelle

Et si le corps du thérapeute devenait un repère clinique à part entière ?

Ce webinaire explore comment perceptions somatiques, présence incarnée et résonance corporelle enrichissent la relation thérapeutique.

Thérapeute tenant une boussole dans ses mains, en noir et blanc, avec des accents rose et violet.
Le corps du thérapeute comme boussole relationnelle

En bref

Ce qu'il faut retenir du webinaire - en bref

Dans ce webinaire animé par le Dr Eric Bardot, le psychologue Stéphane Roy et le Dr Dina Roberts explorent une dimension souvent négligée de la pratique psychothérapique : le rôle du corps du thérapeute comme point d’appui relationnel.

Au‑delà des savoirs techniques ou analytiques, c’est l’écoute corporelle et la capacité à percevoir ses propres sensations physiques qui deviennent ici des sources d’information précieuses pour ajuster la posture clinique.

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Pourquoi s’intéresser au corps du thérapeute en thérapie ?

La TLMR est une approche thérapeutique relationnelle centrée sur le lien et les processus du vivant.

Elle mobilise la relation humaine comme levier de transformation, dans une perspective non pathologisante. Elle s’appuie sur l’expérience vécue, le corps et l’intersubjectivité.

Le texte complet présente ses origines, ses appuis théoriques et son ancrage clinique.

Le corps comme boussole plutôt que vérité

Un point central du webinaire est cette métaphore : le corps du thérapeute n’est pas une source de vérité absolue, mais plutôt une boussole. Cela signifie :

  • les ressentis corporels ne sont pas des interprétations figées mais des indices à explorer ;
  • ils orientent vers des pistes possibles de questionnement ou d’intervention ;
  • ils doivent être intégrés avec lucidité, sans être projetés ou interprétés comme des faits purs.

L’enjeu n’est donc pas de suivre aveuglément ses sensations, mais de les utiliser comme support pour mieux comprendre ce qui se joue dans la relation thérapeutique.

Présence, attention et résonance corporelle

Pour les conférenciers, trois notions sont au centre de cette approche :

Être présent corporellement

La présence ne se réduit pas à l’absence de distraction mentale : c’est une forme d’attention ancrée dans le corps qui permet de ressentir, de percevoir et de rester disponible à ce qui surgit dans la rencontre.

L’accordage interactionnel

En relation, il existe un accordage spontané entre les corps — rythmes, postures, tensions — qui renseigne sur la qualité du lien, parfois avant le verbal.

La résonance comme information

Certaines sensations du corps du thérapeute — nœud au ventre, fatigue, tension — peuvent “résonner” avec l’état affectif du patient. Cela invite à prendre en compte ce qui se passe ensemble, plutôt que de rester dans une neutralité abstraite.

Thérapeute les yeux fermés, main posée sur le buste, en noir et blanc, avec des formes rose et violet.
Être présent corporellement : une clé de la rencontre thérapeutique.
Thérapeute en introspection, main posée sur son buste, en noir et blanc, avec des accents rose et violet. Corps du thérapeute
L’écoute corporelle : un apprentissage au cœur du métier.

Développer l’écoute corporelle : un apprentissage

Les intervenants insistent sur le fait que cette écoute ne va pas de soi ; elle requiert :

  • un entraînement perceptif, par exemple à travers la méditation ou des pratiques corporelles ;
  • une supervision et un travail personnel, pour apprendre à repérer et comprendre ses propres réactions ;
  • des formations qui intègrent cette dimension au‑delà des cadres strictement techniques.

Ce développement perceptif permet au thérapeute d’être plus présent, plus ajusté et plus authentique dans sa relation avec le patient.

Corps, régulation et sécurité relationnelle

Dans le travail clinique, le corps sert aussi à réguler la relation :

  • percevoir ses propres réactions permet de déceler les moments sensibles ;
  • partager certains ressentis avec le patient peut, quand c’est ajusté et consenti, renforcer le sentiment de sécurité ;
  • l’authenticité corporelle, lorsqu’elle est intégrée de façon professionnelle, devient un outil de co‑construction du lien.

Les intervenants partagent des exemples où des sensations corporelles, intégrées à la séance, ouvrent des portes thérapeutiques nouvelles.

Patient et thérapeute assis face à face, souriants, avec des accents rose et violet.
Le corps comme régulateur du lien thérapeutique.

Ces questions trouvent un prolongement dans les formations en Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels.

Toucher, intention et consentement

La question du toucher est abordée avec nuance :

  • le toucher peut être sécurisant et réparateur lorsque l’intention est claire et que le cadre est respecté ;
  • il ne s’agit pas d’un geste technique, mais d’une modalité relationnelle à considérer avec soin, consentement et ajustement.

Ce type d’intervention met en évidence l’importance d’une clarification des intentions chez le thérapeute, gage de sécurité pour le patient.

Deux personnes en thérapie, main posée sur le bras de l’autre, en noir et blanc, avec accents rose et violet.
Toucher en thérapie : intention, clarté et consentement.

En pratique : conseils pour les thérapeutes

À partir des échanges, voici des pistes concrètes :

  • intégrer des exercices de scanner corporel pour améliorer l’écoute interne ;
  • observer son corps avant, pendant et après la séance pour repérer les changements ;
  • utiliser ses sensations comme indices exploratoires plutôt que comme interprétations immédiates ;
  • intégrer des pratiques corporelles (méditation, mouvement, arts corporels) pour développer la sensibilité perceptive ;
  • chercher supervision et travail personnel pour apprendre à réguler l’impact émotionnel du travail clinique
hérapeute consultant un livre ouvert, en noir et blanc, avec des formes rose et violet en arrière-plan.
Approfondir sa pratique : écouter, explorer, se former.

Questions fréquentes sur le corps du thérapeute en thérapie

La boussole corporelle désigne l’usage de sensations physiques comme accès à des informations relationnelles, pour orienter l’intervention thérapeutique sans inférer une vérité immédiate.

Par la méditation, la supervision, des pratiques corporelles, l’attention intentionnelle à ses sensations, et un travail personnel d’intégration.

Pas systématiquement. Cela dépend du contexte clinique, du consentement et de l’utilité thérapeutique. C’est un outil relationnel qui doit être utilisé avec discernement.

Le toucher peut être pertinent dans certains cadres avec consentement, mais il doit être encadré par une intention claire et une éthique professionnelle.

Non. Elle la complète. Le corps enrichit la compréhension de la dynamique relationnelle en amont ou en parallèle du verbal.

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