Quand la posture du soignant devient un enjeu central en hypnose
L’apprentissage de l’hypnose, il y a quelques années, fut une véritable révélation.
Les résultats étaient souvent au rendez-vous, mais certaines prises en charge complexes faisaient émerger des limites importantes dans ma posture de thérapeute.Les situations associant douleur chronique, dépression chronique et traumatisme chronique — ce que nous avons nommé lors de la formation le « DDT » — mettaient particulièrement à l’épreuve mon engagement professionnel.
Là où ma posture d’infirmier me permettait une distance thérapeutique, la relation duelle en hypnose sollicitait davantage mon implication émotionnelle et relationnelle.
De la position de soignant à la tentation du rôle de sauveur
Au cours de mes études, la question de la posture du thérapeute était peu abordée. Entrer dans un métier de soin implique souvent, consciemment ou non, une position de « sauveur ».
Avec le temps, cette posture peut devenir coûteuse. Je me surprenais à penser ou à dire : « ce patient m’épuise », notamment lorsque les séances ne produisaient que peu de changements visibles.
Je reconnaissais aussi certaines postures inconfortables, comme celle de travailler à la place du patient, en cherchant à résoudre activement sa problématique.
Comprendre que la plainte peut aussi hypnotiser le thérapeute
La formation HTSMA n’a pas été pour moi l’apprentissage d’une technique supplémentaire, mais d’une manière d’être. Dès les premières sessions consacrées au questionnement, une prise de conscience s’est imposée : j’écoutais avant tout la plainte.
La plainte a une fonction. Elle peut hypnotiser la personne… mais elle ne doit pas hypnotiser le thérapeute.
Or, dans certaines situations, c’est exactement ce qui se produisait.
Observer une posture thérapeutique stable face à l’inattendu
Les démonstrations réalisées pendant la formation ont été particulièrement marquantes. Les intervenants faisaient preuve d’un calme remarquable, même face à des propos déstabilisants.
Là où beaucoup auraient perdu leurs repères, ils savaient :
- recadrer la plainte,
- naviguer entre questionnement incisif et observation fine,
- rester engagés sans se laisser happer par la situation.
Voir cette posture à l’œuvre a constitué un apprentissage majeur.
Pratiquer pour ne plus être déstabilisé dans la relation thérapeutique
Les mises en situation répétées — vide, externalisation du contexte, apposition du contraire — ont permis d’intégrer concrètement ces ajustements.
Progressivement, j’ai compris que ces outils ne servaient pas à « faire » davantage, mais à ne plus être déstabilisé dans la relation thérapeutique. Ils offraient un cadre pour remettre en mouvement la relation lorsqu’elle semblait s’enliser.
Une évolution tangible dans la posture du thérapeute
Un changement notable s’est manifesté dans ma pratique.
Une problématique de dépression résistante, liée à une séparation difficile, a évolué favorablement après plusieurs séances d’HTSMA, notamment grâce à la modélisation de la séparation.
Cette expérience a renforcé ma confiance dans les ressources du patient.
Elle a aussi transformé ma manière d’accompagner : avec davantage de curiosité et moins de pression sur le résultat.
Passer d’une posture de résolution à une posture d’accompagnement
Aujourd’hui, je cherche moins à résoudre la plainte à tout prix.
J’installe davantage les conditions permettant au patient de faire son propre travail.
Je consacre plus de temps :
- au questionnement,
à la mise en forme de la problématique, - à l’accordage relationnel nécessaire pour travailler ensemble.
Je remarque aussi que je n’aborde plus certaines prises en charge avec appréhension, là où elles pouvaient auparavant m’inquiéter.
Trouver plus de confort et de stabilité dans la relation thérapeutique
Ma posture est aujourd’hui plus confortable.
Je me sens mieux centré, plus armé face à la détresse de l’autre.
Je m’écoute davantage et j’externalise lorsque c’est nécessaire.
Lorsque je ne sais pas, je peux revenir aux mouvements alternatifs, jusqu’à ce que la personne se reconnecte à son expérience, sans nourrir excessivement son esprit analytique.
Ce que l’HTSMA a profondément transformé dans ma posture
L’HTSMA m’a permis de redécouvrir le patient sous un autre angle.
Avec une forme d’intérêt renouvelé, et même un certain amusement, je pars désormais à la recherche de ses ressources, parfois bien dissimulées derrière les obstacles.
Cette formation a été une véritable remise en question de ma posture de thérapeute.
Elle m’a permis de découvrir un autre rapport à la relation : plus curieux, plus joueur, moins introverti, soutenu par mes propres ressources et tiers sécures.
Explorer d’autres approches et parcours de formation
Les formations à la Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels (TLMR) s’inscrivent dans un ensemble cohérent d’approches relationnelles proposées par l’Institut Mimethys.
Elles dialoguent avec d’autres parcours de formation, permettant aux professionnels d’enrichir leur lecture clinique, d’affiner leur posture et de soutenir leur pratique dans des contextes variés.
Selon votre parcours, votre cadre d’exercice et vos questionnements cliniques, certaines approches peuvent venir compléter ou prolonger le travail engagé en TLMR, dans une logique de continuité et d’approfondissement.
Parmi les autres formations proposées par l’Institut Mimethys :
Ce que les témoignages permettent de comprendre
En quoi le travail sur la posture modifie-t-il la fatigue en fin de séance ?
Lorsque le thérapeute cesse de « faire à la place » et s’appuie davantage sur le processus relationnel, la fatigue diminue.
L’énergie n’est plus mobilisée dans une lutte contre la plainte ou la complexité, mais dans une présence ajustée.
Cela se traduit souvent par moins de tensions physiques, moins de charge émotionnelle et une récupération plus rapide après les séances.
Quel est le rôle de la plainte dans la relation thérapeutique ?
La plainte joue un rôle central : elle exprime quelque chose d’important pour la personne et mérite d’être entendue.
Cependant, les témoignages soulignent qu’elle ne doit pas devenir le seul point d’ancrage du travail.
Lorsque la plainte occupe toute la scène, elle peut figer la relation. Le travail consiste alors à la reconnaître sans s’y enfermer.
Pourquoi l’accent est-il mis sur le processus plutôt que sur le résultat ?
Mettre l’accent sur le processus permet de rester attentif à ce qui se transforme réellement dans la relation, au fil du temps.
Les résultats ne sont pas niés, mais ils ne sont pas pilotés de manière volontariste.
Cette approche favorise des ajustements plus fins, respectueux du rythme de la personne et du cadre relationnel.
En quoi faire confiance aux ressources de la personne modifie l’accompagnement ?
Faire confiance aux ressources de la personne modifie profondément la posture du thérapeute.
Cela permet de quitter une position de contrôle ou de sauvetage, pour entrer dans une posture d’accompagnement, où la personne reste actrice de son cheminement.
Cette confiance allège la relation et ouvre des espaces de mouvement souvent inattendus.
Que signifie « ne plus travailler à la place du patient » ?
Ne plus travailler à la place du patient signifie renoncer à résoudre activement sa problématique pour lui.
Le thérapeute soutient le cadre, le questionnement et la relation, mais laisse à la personne la responsabilité de ses propres ajustements.
Ce déplacement renforce l’autonomie et réduit la charge portée par le thérapeute.
Que change cette approche dans l’accompagnement de situations complexes ?
Dans les situations complexes, cette approche permet de rester présent sans se sentir débordé.
Elle offre des repères pour naviguer dans l’incertitude, maintenir une qualité de relation et continuer à travailler même lorsque les changements sont lents ou peu visibles.
Les témoignages montrent qu’elle soutient à la fois le thérapeute et la relation dans la durée.
