Pourquoi un congrès sur le vide, le désir et l’addiction ?
Les conduites addictives sont souvent abordées à partir de grilles de lecture centrées sur le produit, le comportement ou le symptôme. Le congrès de 2016 proposait un déplacement du regard : considérer l’addiction comme l’expression d’un rapport altéré au lien, au désir et au monde relationnel.
Le désir n’y est pas pensé comme une défaillance à corriger, mais comme une force vivante, parfois entravée, parfois détournée, qui cherche malgré tout à s’exprimer.
Cette perspective invite à sortir des oppositions simplistes (volonté / dépendance, contrôle / lâcher-prise) pour interroger ce qui, dans l’histoire relationnelle et les contextes de vie, façonne ces impasses.
Intervention du Dr Bruno Dubos, psychiatre et psychothérapeute, aux côtés du Dr Éric Bardot, psychiatre et directeur de l’Institut Mimethys, et animée par Stéphane Roy, psychologue et psychothérapeute.
Dans cette intervention, Bruno Dubos partage une lecture clinique et relationnelle des conduites addictives, en résonance avec les thématiques développées dans son ouvrage
Une approche clinique non réductrice
Le congrès a défendu une posture clinique qui refuse :
- la réduction des personnes à leur conduite addictive ;
- la standardisation des réponses thérapeutiques ;
- l’illusion d’un contrôle total des processus humains.
À l’inverse, il a mis en avant :
- l’importance de la présence du thérapeute ;
- la prise en compte des effets relationnels vécus dans l’accompagnement ;
- la reconnaissance de la complexité, de l’ambivalence et de l’imprévisible.
Cette approche s’inscrit dans une éthique du soin respectueuse du rythme, de la singularité et de l’histoire de chaque personne.
Temps forts et programme du congrès 2016
Le congrès s’est articulé autour de conférences, d’échanges cliniques et de temps de réflexion collective, réunissant des intervenants issus de différents horizons.
Les thématiques abordées comprenaient notamment :
- le désir comme processus relationnel ;
- les addictions comme mondes organisés ;
- les effets du contexte social et culturel sur les conduites addictives ;
- les enjeux cliniques de l’accompagnement dans la durée.
Un congrès fondateur dans l’histoire de Mimethys
Avec le recul, ce congrès de 2016 apparaît comme une étape structurante dans l’élaboration de la pensée clinique portée aujourd’hui par l’Institut Mimethys.
Nombre de réflexions développées à cette occasion ont nourri, au fil des années, la construction de la Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels (TLMR), aujourd’hui transmise dans les formations, supervisions et congrès de l’Institut.
Il marque un moment où la question du désir, du lien et de l’addiction a été posée non comme un problème à résoudre, mais comme un champ d’exploration du vivant.
Et aujourd’hui ?
Près de dix ans plus tard, les questions soulevées en 2016 restent d’une grande actualité.
Les formes d’addiction évoluent, les contextes sociaux se transforment, mais les enjeux relationnels demeurent centraux.
Relire ce congrès aujourd’hui, c’est mesurer combien la compréhension des addictions gagne à être pensée dans une approche globale, relationnelle et incarnée, attentive aux liens humains et aux mondes dans lesquels elles prennent forme.
À propos des congrès de l’Institut Mimethys
L’Institut Mimethys organise régulièrement des congrès et webinaires consacrés aux enjeux contemporains du soin, de la relation et du vivant.
Chaque congrès donne lieu à un travail de réflexion clinique, théorique et expérientielle, en lien étroit avec les pratiques de terrain.
Découvrez également les congrès de 2018, 2022 et 2023.
FAQ – Congrès Mimethys 2016 : Désir et addiction
Pourquoi le thème du désir et de l’addiction reste-t-il actuel ?
Parce que les conduites addictives continuent d’interroger le lien, le manque, la quête de sens et les impasses relationnelles, bien au-delà des seuls produits ou comportements.
Quelle lecture de l’addiction était proposée lors de ce congrès ?
Une lecture relationnelle et clinique, considérant l’addiction comme une tentative de régulation du lien et du vivant, plutôt que comme un simple symptôme individuel.
En quoi ce congrès a-t-il contribué à la construction de la TLMR ?
Les échanges ont nourri les fondements de la Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels, en articulant désir, relation, contexte et processus de transformation.
Ce congrès est-il encore utile pour les professionnels aujourd’hui ?
Oui, car il offre des repères cliniques toujours mobilisables pour penser les situations complexes d’addiction dans une approche non réductrice.
À qui s’adresse la réflexion issue de ce congrès ?
Aux professionnels de la santé, du soin et de la relation d’aide souhaitant approfondir leur compréhension des dynamiques relationnelles à l’œuvre dans l’addiction.
