Le dévoilement du thérapeute comme ressource thérapeutique ?

Longtemps associé à un écart de cadre ou à une menace pour la neutralité clinique, le dévoilement du thérapeute interroge aujourd’hui profondément les pratiques du soin.

Dans ce webinaire de l’Institut Mimethys, Éric Bardot et Adrian Chaboche explorent les conditions dans lesquelles le dévoilement peut devenir une véritable ressource thérapeutique, au service du lien, de la présence et de la transformation.

Webinaire explorant le dévoilement du thérapeute comme ressource possible dans la relation thérapeutique
Le dévoilement du thérapeute comme ressource thérapeutique ?

En bref

Le dévoilement du thérapeute : les points clés du webinaire

Dans ce webinaire Mimethys, le dévoilement du thérapeute est abordé non comme une transparence personnelle, mais comme un processus relationnel ajusté.

À partir de l’influence réciproque, de la présence clinique et du travail avec le trauma, ils montrent comment un dévoilement juste peut soutenir le soin, le lien et la régulation de la relation thérapeutique.

Quand la neutralité devient une illusion clinique

La neutralité dite « bienveillante » a longtemps structuré les représentations du cadre thérapeutique. Pourtant, comme le soulignent les intervenants, toute relation humaine est traversée par des processus d’influence réciproque. Le thérapeute se dévoile dès les premiers instants : par sa voix, son regard, son espace, sa présence corporelle.

Prétendre à une absence d’impact ou à une neutralité totale revient à ignorer ce qui se joue réellement dans la relation, et parfois à renforcer une dissociation chez le patient.

Thérapeute debout dans son cabinet, entourée d’ombres légères, en noir et blanc avec accents rose et violet.
Deux formes de dévoilement : implicite et explicite.

Dévoilement implicite et dévoilement explicite : deux registres distincts

Le webinaire distingue clairement deux formes de dévoilement :

  • Le dévoilement implicite, inévitable, inscrit dans la présence du thérapeute
  • Le dévoilement explicite, intentionnel, verbalisé, toujours à évaluer

Le second n’a de valeur thérapeutique que s’il s’inscrit dans le processus relationnel en cours, et non comme une information ajoutée de l’extérieur.

Influence réciproque et co-construction du soin

Dans toute relation thérapeutique, le patient influence le thérapeute autant que l’inverse. Reconnaître cette réciprocité permet de quitter une posture de savoir surplombante pour entrer dans une logique d’accompagnement et de coopération.

Le dévoilement devient alors un moyen de transformer ce qui touche le thérapeute en information relationnelle partageable, plutôt qu’en charge silencieuse stockée.

Deux hommes en séance de thérapie, se regardant dans un cabinet, en noir et blanc avec touches rose et violet. »
Une relation réciproque qui façonne le soin.
Thérapeute accompagnant une personne en souffrance, en noir et blanc, avec accents rose et violet. »
Accueillir le trauma sans s’y dissoudre : une écologie du thérapeute.

Trauma, dévoilement et écologie du thérapeute

Face aux récits traumatiques, la neutralité peut devenir violente. Accueillir la souffrance extrême sans ajustement relationnel expose autant le patient que le thérapeute.

Le dévoilement, lorsqu’il est juste, permet :

  • de prévenir le trauma vicariant ;
  • de réguler l’intensité émotionnelle ;
  • de restaurer une présence vivante et incarnée.

Il participe ainsi à ce que Mimethys nomme l’écologie du thérapeute.

La « note juste » : ni exhibition, ni rétention

Un dévoilement thérapeutique n’est jamais un récit personnel prolongé. Les intervenants parlent d’une virgule dans la relation, jamais d’un chapitre.

Pour être pertinent, il doit répondre à trois critères :

  • Valeur métaphorique : ce qui est dit ouvre du sens au-delà de l’anecdote
  • Effet de recadrage relationnel : il réajuste le lien
  • Valeur d’apprentissage : il transforme la compréhension de la relation
Deux personnes en situation de thérapie, échangeant dans une ambiance douce, en noir et blanc avec accents rose et violet.
Trouver la note juste dans le dévoilement thérapeutique.

Ces processus sont travaillés dans le cadre des formations en Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels de l’Institut Mimethys.

Trauma humain et monde traumatique

Les traumas les plus destructeurs ne sont pas les catastrophes naturelles, mais les traumas humains : maltraitance, violence, déshumanisation.

Dans ces mondes traumatiques :

  • la capacité à recevoir est altérée ;
  • la confiance est brisée ;
  • l’attachement devient insécure.

La résilience ne peut alors émerger que si un tiers permet de restaurer la sécurité relationnelle.

Image évoquant le trauma humain avec silhouettes et ombres, en noir et blanc, avec touches rose et violet.
Comprendre les mondes traumatiques : un défi profondément humain.

Présence, congruence et ajustement continu

La congruence n’est pas un état permanent, mais un processus dynamique. La présence varie, se désaccorde, se réaccorde.

Le dévoilement peut alors devenir un acte de régulation, permettant au thérapeute de retrouver une disponibilité réelle, plutôt que de maintenir artificiellement une posture.

Personne dans un cabinet, debout près d’une ombre, en noir et blanc, avec accents rose et violet en arrière-plan.
La congruence : un processus vivant, jamais figé.
Personne assise dans un cabinet lumineux, des ombres s’estompant autour d’elle, en noir et blanc avec accents rose et violet.
Un dévoilement ajusté : une ressource pour durer dans la pratique.

Le dévoilement comme ressource de long terme

Avec l’expérience, le dévoilement apparaît aussi comme un facteur de durabilité professionnelle. Il permet de rester vivant dans la pratique, d’éviter la rigidification, la technicisation ou l’épuisement.

Non pas pour se soulager, mais pour continuer à habiter pleinement la relation thérapeutique.

Questions clés sur le dévoilement thérapeutique

Le dévoilement du thérapeute est-il une transparence totale ?

Non. Il est toujours partiel, contextualisé et orienté vers la relation, jamais vers l’exposition de soi.

Si le dévoilement sert à soulager le thérapeute ou à raconter sa vie, il perd sa fonction thérapeutique.

Il peut l’être, lorsqu’il permet de restaurer une présence humaine et de réguler l’intensité relationnelle.

Oui : ses effets métaphoriques, relationnels et d’apprentissage.

Oui. Il s’affine, devient plus sobre, plus précis, et davantage centré sur le processus que sur le contenu.

Poursuivre la réflexion.
Le moteur de recherche vous permet d’explorer les contenus par mots-clés, de relier les webinaires entre eux et de retrouver toutes les publications autour d’un même questionnement.