Géraldine GARON
Hypnothérapeute, Sexothérapeute, thérapeute TLMR et formatrice à l’institut Mimethys.
Solen Montanari :
Psychologue et psychothérapeute depuis 2000, elle exerce en libéral en région parisienne auprès d’enfants et de familles. Formatrice à la Thérapie du lien et des mondes relationnels (TLMR) au sein de l’Institut Mimethys.
Retrouvez les articles de Géraldine Garon et Solen Montanari
Une patiente envahie par la honte : l’histoire de Laurence
C’est plus fort qu’elle : Laurence est envahie par la honte. Elle se sent toujours en faute, « nulle » comme maman, jamais à la hauteur de ce que pourrait espérer son petit garçon de neuf ans.
En vivant l’expérience du témoin intérieur, en lien avec deux thérapeutes, elle parvient à réintégrer symboliquement la communauté des femmes, des mamans complices avec leur enfant.
L’objectif de cette démarche est d’offrir à Laurence la possibilité de percevoir comment son vécu, son récit et sa présence résonnent chez les thérapeutes — et comment cette résonance peut soutenir une restauration de l’estime de soi.
Le dispositif du témoin intérieur : un soutien relationnel pour restaurer le lien
L’expérience du témoin intérieur propose à la patiente de découvrir comment le travail effectué avec sa thérapeute enrichit cette dernière ainsi que la communauté des thérapeutes, lui permettant ainsi de retrouver une place dans le lien humain.
Cette communauté comprend ici deux personnes qui adoptent des postures relationnelles complémentaires.
Les sujets de cet article
Le rôle du témoin intérieur (T2)
La thérapeute Géraldine Garon (T2) est en position de témoin intérieur. Elle quitte temporairement sa posture de thérapeute pour se mettre à la place de la patiente, et accueillir son récit comme si elle en faisait l’expérience.
L’utilisation du témoin intérieur est particulièrement pertinente dans les situations où la personne a perdu confiance dans le lien humain.
Elle permet de soutenir la construction d’un accordage, d’une sécurité relationnelle, et d’une présence thérapeutique qui invite la patiente à s’ouvrir davantage.
Le rôle du témoin extérieur–superviseur (T1)
Solen Montanari, en position de thérapeute-superviseur (T1) et de témoin extérieur, reste attentive aux effets de cette conversation sur elle-même et sur la compréhension de l’histoire de Laurence.
Cette posture lui permet de percevoir l’enrichissement mutuel que produit ce travail relationnel.
Ces dimensions sont explorées dans les formations en Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels proposées par l’Institut Mimethys.
Comment cette expérience transforme la relation à soi et aux autres ?
À travers ce dispositif, Laurence découvre que ce qu’elle dit, ressent et met en mouvement touche les thérapeutes et enrichit leur propre compréhension du monde.
Cette prise de conscience lui permet :
- de percevoir de nouveau sa valeur,
- de retrouver le sentiment d’appartenir à une communauté humaine,
- de se sentir reliée et considérée,
- d’imaginer d’autres manières d’être en lien avec son enfant.
Pour aller plus loin : publication dans HTB n°78
Cet article est un extrait du dossier publié dans HTB n°78 – Hypnose & Thérapies Brèves, disponible dans son intégralité dans la revue.
Le témoin intérieur, la honte et le lien thérapeutique - FAQ
Qu’est-ce que le témoin intérieur en thérapie relationnelle ?
Le témoin intérieur est une posture adoptée par un·e thérapeute qui quitte temporairement son rôle pour se placer du côté du patient et accueillir son vécu « de l’intérieur ». Cette position soutient la compréhension du récit, l’accordage relationnel et la restauration d’un sentiment de sécurité.
Dans quelles situations utilise-t-on le témoin intérieur ?
Le témoin intérieur est particulièrement indiqué lorsque la personne a perdu confiance dans le lien humain ou lorsqu’elle traverse des expériences traumatiques complexes. Il aide à retisser du lien, à soutenir la confiance et à faire émerger des mouvements internes vers le changement.
Quel est le rôle du thérapeute témoin extérieur (superviseur) ?
Le témoin extérieur reste attentif aux effets que la conversation produit sur lui-même et sur la relation. Cette position permet d’observer comment le récit du patient enrichit la compréhension clinique et nourrit la dynamique thérapeutique, tout en préservant un recul bienveillant.
Comment ce dispositif aide-t-il une personne envahie par la honte ?
Le témoin intérieur permet à la personne de percevoir que son histoire a un impact vivant sur ceux qui l’écoutent. Cette résonance peut restaurer l’estime de soi, soutenir le sentiment d’appartenance et ouvrir de nouvelles possibilités relationnelles, notamment dans les liens familiaux.
Pourquoi parle-t-on de “communauté thérapeutique” dans ce dispositif ?
Le travail engage simultanément plusieurs thérapeutes occupant des positions différentes (témoin intérieur et extérieur). Ensemble, ils forment une communauté à laquelle le patient peut symboliquement se reconnecter. Cette expérience relationnelle soutient la sortie de l’isolement et de la honte.
L’utilisation du témoin intérieur s’inscrit-elle dans la supervision ?
Oui. Le dispositif est particulièrement utile en supervision lorsque les thérapeutes rencontrent des récits traumatiques complexes ou des patients ayant perdu confiance dans la relation. Le témoin intérieur permet alors d’enrichir l’écoute, de clarifier les dynamiques relationnelles et de soutenir le thérapeute dans son positionnement clinique.
