Développer la qualité de présence du thérapeute au service de la thérapie

Développer la qualité de présence du thérapeute, c’est apprendre à observer les effets de la relation sur lui-même afin de les utiliser comme ressources au service du processus thérapeutique.

Cette posture s’appuie sur la conscience corporelle, la perception fine et la pleine présence en situation clinique.

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Thérapeute et patiente en séance, avec touches roses évoquant conscience corporelle, souffle et lien relationnel.

En bref

Ce que propose ce texte sur la qualité de présence du thérapeute

  • Développer la qualité de présence du thérapeute repose sur l’observation des effets relationnels vécus en séance.
  • Le travail sur les perceptions corporelles, émotionnelles et sensorielles soutient la posture d’observation.
  • La pleine présence permet d’accompagner le processus thérapeutique au-delà des techniques.
  • Cette approche s’inscrit dans la philosophie de la Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels.
Image de Dr Chantal Laurent
Dr Chantal Laurent

Médecin nutritionniste, instructeur MBCT

Ce que vous trouverez dans cet article
Thérapeute et cliente assis en séance, avec touches roses évoquant regard, souffle et lien relationnel.
Observer ce que la relation fait au thérapeute pour en faire une ressource au service du processus.

Observer les effets de la relation comme ressource thérapeutique

Développer la qualité de présence du thérapeute au service de la thérapie, c’est apprendre à observer les effets de la relation sur lui-même afin de les utiliser comme ressources au service du processus thérapeutique.

En se familiarisant avec ses perceptions physiques et émotionnelles, le thérapeute apprend à habiter son corps en relation, ce qui lui permet de tisser des liens entre le perceptif et l’action.

Habiter son corps en relation : perceptions et re-centration

Grâce à un mouvement répété de re-centration, en mobilisant la respiration, les points d’appui du corps, les sensations internes et les cinq sens, se développe la capacité à assister au processus en cours et à en observer les effets. 

On devient alors conscient des pensées et de leurs caractéristiques — automatiques, récurrentes, émergentes —, des images relevant du VAKOG et des sensations viscérales qui émergent.

Percevoir le processus relationnel en cours

Cela permet de percevoir les effets du processus relationnel

En développant le perceptif, le thérapeute affine sa capacité à percevoir les informations qui viennent de lui, du patient et de ce qu’il se passe entre les deux. Ces informations perçues lui permettent alors de relancer le processus thérapeutique lorsque celui-ci bloque. 

Par sa pleine présence, le thérapeute soutient l’émergence d’un changement, d’abord en lui, au service du travail thérapeutique.

La conscience corporelle et la posture d’observation

« Nous faisons l’hypothèse de ce qui n’est pas conscient relève de la conscience corporelle. »

La réponse corporelle est déjà en mouvement avant que la conscience réflexive ne la conscientise.

Pour que les trois « O » d’Erickson soient possibles, cela nécessite que le thérapeute soit en transe d’observation, c’est-à-dire en pleine présence.

Il s’agit d’amener la conscience réflexive en posture d’observation, en position méta.
Posture de non-savoir.

Thérapeute et patiente en séance, avec touches roses évoquant perception, écoute, souffle et lien relationnel.
Percevoir l’« entre-deux » relationnel pour relancer le processus quand il bloque, en posture de non-savoir.

La pleine présence : une capacité naturelle à entraîner

La pleine présence est un état tout à fait naturel chez l’être humain. Tout le monde en a fait l’expérience.

Pour acquérir cette capacité de décentration / centration, cela nécessite un entraînement et une répétition.

Un des outils que l’on peut utiliser pour cela est celui de la méditation de pleine conscience (mindfulness), qui a prouvé ses effets à long terme sur la fluidité neuronale et la restructuration du cerveau.

Les exercices de pleine conscience ont comme seule intention d’utiliser ses propres perceptions pour habiter l’instant présent.
Encore et encore…

Se libérer des automatismes et affiner l’observation clinique

Nous avons besoin de cette répétition pour nous décentrer d’une posture identitaire figée et nous libérer de nos automatismes.

Cela va permettre au thérapeute de les repérer beaucoup plus facilement chez le patient.

Personne en méditation, avec symboles roses évoquant cerveau, souffle et répétition, observée en arrière-plan.
Pleine présence : une capacité naturelle qui se renforce par l’entraînement et la répétition.

De la technique à la dimension universelle de la relation

Pour terminer, on peut dire que développer la pleine présence déjà présente en lui va permettre au thérapeute de rentrer dans la dimension universelle de la relation humaine, au-delà des techniques et des outils psychothérapeutiques.

Dans la philosophie de la Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels, les thérapeutes feront l’apprentissage de passer de la dualité à la triangulation.

Repères philosophiques

« Je pense donc je suis »

« Je sens donc je suis »

« Je me perçois en train de penser donc je suis »

Trois silhouettes reliées par une lumière centrale, symbolisant le passage de la relation duelle à une dimension relationnelle universelle.
De la rencontre singulière à l’espace du vivant partagé, là où la présence ouvre une dimension universelle de la relation.

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