Institut Mimethys SARL


HTSMA (Hypnose, Thérapies stratégiques, mouvements alternatifs)




A l'origine ...




L’HTSMA, Hypnose, Thérapies Stratégiques et Mouvements Alternatifs, a été conceptualisé par le Dr Éric Bardot à partir de son intérêt pour l’attachement désorganisé chez l’enfant et le monde psychotraumatique.

Son idée est la suivante : Comment la relation humaine, dans la diversité de ses potentialités, peut-elle être mobilisée au service de la thérapie, afin d’accompagner le patient à se séparer des effets destructeurs de ce monde traumatique ?

L’approche intrapsychique des problématiques humaines, pour stimulante qu’elle puisse être intellectuellement, montre une efficience relative dans ce type de problématique qui peut prendre toutes les formes de la pathologie mentale et psychosomatique. De son expérience de pédopsychiatre, il a retiré trois points importants qui l’amèneront, dans une approche humaniste et phénoménologique, à l’hypnose éricksonienne :
- l’importance de l’observation,
- la place centrale du corps dans le développement de l’enfant tant psychomoteur qu’affectif et cognitif,
- l’importance du jeu, du « comme si », de la capacité à jouer (effets d’apprentissage, de lâcher prise..).

Les influences de Jacob Levy Moreno d’une part, de John Bowlby et de Daniel Stern de l’autre, l’ont préparé à s’engager dans une approche relationnelle et interactionnelle des problématiques humaines.


À partir de sa formation en hypnose et, animé par cette idée, il va découvrir l’œuvre de Grégory Bateson, le travail de l’école de Palo Alto, puis l’approche de Steve de Shazer orientée solution, l’EMDR de Francine Shapiro, l’approche narrative de Mickael White qui vont influencer la modélisation de l’HTSMA.
La question du sens, et particulièrement du sens de la vie, comme l’exprimerait Victor Frankl, a également été présente, questionnant le rapport à la mort, à la folie, à l’exclusion et au-delà, à la question centrale de la transmission. L’HTSMA se définit comme une approche thérapeutique pragmatique et naturaliste prenant en compte la complexité des relations humaines. Elle part de l’idée que seuls les liens peuvent se modifier. Il s’agit dans un premier temps de transformer la déclinaison des problématiques sur un mode identitaire et intrapsychique en une mise en scène de la problématique sur un mode relationnel et interactionnel.
L'idée est d’accéder aux processus relationnels afin de les modifier dans un travail de coopération patient/thérapeute orienté vers les objectifs de vie du patient.




Ce qu’est l’HTSMA ?


Il s’agit d’abord de la concrétisation d’un projet, qui a débuté depuis près de 20 ans, comme tentatives de réponses à des questions proches de celles que posent Harlène Anderson dans son approche collaborative de la thérapie :
• Comment la thérapie peut-elle être plus proche de la vie de tous les jours ?
• Comment les thérapeutes peuvent-ils se démarquer et dépasser les traditions thérapeutiques qui minimisent les possibilités ?
• Comment combiner professionnalisme et humanisme ?
• Comment les thérapeutes peuvent-ils intégrer la recherche dans leur pratique quotidienne ?


L’HTSMA


1. Une approche globale centrée sur la relation humaine comme processus d’influence réciproque dans ces trois dimensions interpersonnelles : relation au monde, aux autres et à soi-même et dans ces trois dimensions intra personnelles : perceptif, imaginaire, cognitif. L’action matérialise les liens entre les diverses dimensions inter et intra personnelles.

2. Elle cherche à utiliser et à amplifier ce que la relation humaine peut contenir comme effet thérapeutique afin de permettre au patient d’activer ses ressources et ses compétences, ce qui nécessite que le thérapeute s’implique dans le processus.

3. C’est une thérapie du vivant : à la recherche de ce qui vit encore en terme d’interactions chez le client (ressources, compétences) afin d’aider le client à rendre vivant ce qui est figé.

4. Le thérapeute doit pouvoir repérer l’effet du blocage du processus sur lui-même : le thérapeute utilise des techniques ou des stratégies qui vont permettre au processus de se débloquer (effet de recadrage). Dans l’ici et maintenant, le thérapeute utilise la transe d’observation afin de pouvoir observer et utiliser les effets du processus sur lui-même dans la thérapie.

5. Une approche multi niveau à partir des savoirs : psychologie, psychiatrie, éthologie, ethnologie, linguistique, sociologie, philosophie, intelligence artificielle, sciences cognitives et neurosciences.

6. Une lecture associant à la pratique de Milton Erickson, les apports de la systémique, dans laquelle nous incluons le constructivisme et la cybernétique de deuxième ordre, du constructionnisme social ainsi que des travaux de John Bowlby sur l’attachement, et de Daniel Stern sur l’intersubjectivité.

7. Un non modèle ou une matrice des phénomènes relationnels non spécifiques de la thérapie à partir desquels vont s’exprimer les interactions thérapeute / patient, au service du processus de changement. Les techniques et les stratégies utilisées ont comme fonction de débloquer le processus thérapeutique lorsque celui-ci est figé. Elles doivent s’ajuster à la problématique présente. En ce sens, chaque intervention est unique même si ces interventions peuvent, par la suite être classées en cartes ou en modé- lisation (préféré à protocole) à des fins d’enseignement.

8. Approche non pathologisante : l’HTSMA repose sur l’idée que le changement ne peut se produire qu’en mobilisant ce qui peut se mettre en mouvement et non ce qui est figé.

9. Le symptôme n'est pas au centre, l'objectif est de déconstruire la relation figée qu’entretient le patient avec son symptôme c’est à dire son problème. Comment métaphoriser les liens qui entretiennent le symptôme ?

10. Elle recherche la coopération thérapeute / patient vers la co-création dans le présent immédiat (là, maintenant) d’un espace imaginaire partagé (espace de rencontre de deux paysages mentaux) : espace en trois dimensions.



I. UNE MODELISATION DE LA THERAPIE


1- Création d’un espace de sécurité dans lequel le patient va pouvoir vivre une expérience différente et nouvelle de celle(s) pour laquelle il consulte.

2- Cette expérience est l’expression d’une co-construction entre le patient d’une part et le thérapeute d’autre part qui mobilise le vécu motivationnel. Pour ce, thérapeute et patient vont entrer dans un imaginaire partagé à partir duquel une expérience différente va émerger.

3- Cette expérience est une expérience correctrice, qui engage le sujet dans son entier (sensoriel, émotionnel, comportemental, cognitif) dans sa relation à lui-même, aux autres et au monde. Il s’agit d’un mouvement sur lequel va s’appuyer la thérapie pour l’amplifier en termes de changement. Tout patient a en lui et autour de lui des ressources qui peuvent être mobilisées dans le sens de l’amélioration.

4- Le vécu négatif : la plainte (expression sur un mode symptomatique du vécu de détresse) va être utilisée comme une métaphore d’hypnose négative et va servir à l’induction du processus thérapeutique.

5- Les relations saines (exception, ressources, compétences) vont être mises en évidence et amplifiées sous forme de capacité à agir.

6- Le travail de réassociation par tissage, tricotage (sensoriel, postural, métacognitif) entre les deux vécus, va amener à une nouvelle expérience, exprimée par une posture différente.

7- A partir de cette nouvelle expérience, de cette nouvelle posture va pouvoir s’exprimer une histoire alternative.

8- Qui, par projection vers le futur, va pouvoir se concrétiser dans la réalisation de projets différents, qui en retour vont nourrir l’histoire alternative.

 

II. LES STIMULATIONS ALTERNATIVES

Pour se faire, le thérapeute utilise divers outils dont les stimulations alternatives afin d’aider le couple (patient, thérapeute) à s’engager dans cet espace imaginaire partagé (matrice intersubjective de Daniel Stern) dans lequel vont prendre forme les problèmes et ressources. Ils ont alors une fonction d’induction hypnotique, puis de stabilisation dans le présent de cet espace imaginaire partagé, dans lequel va se dérouler le processus de changement.

L’ancrage de cette expérience de changement va rompre les boucles dysfonctionnelles (tentatives de solution) dans la relation du patient avec lui-même, les autres et le monde, et lui permettre d’explorer de nouveaux liens d’une manière plus fluide et mieux ajustée. La pertinence du travail thérapeutique s’évalue à partir de ce qui change pour le sujet dans sa vie quotidienne.