Institut Mimethys SARL


Intérêt de l’HTSMA dans la prise en charge de l’attachement désorganisé chez l’adolescent




Comme le soulignait Bowlby, l’attachement est inné mais reste évolutif du « berceau à la tombe ». A l’adolescence, la qualité des liens d’attachement investis dans l’enfance va être réinterrogée afin de permettre le développement et la constitution de la personnalité du sujet. Pendant cette période, il existe aussi une forte activation du processus d’exploration (investissement de nouveaux liens relationnels, nouveaux centres d’intérêt…) dans une recherche d’ouverture au monde. L’existence d’un lien d’attachement sécure aux parents facilitera cet élan en offrant à l’adolescent une base de sécurité soutenante vers laquelle retourner dès qu’il en ressentira le besoin. A contrario, l’existence d’un lien d’attachement insécure de type désorganisé complexifiera cette démarche par la fluctuation de la qualité du lien qui apparaît alors comme non fiable et instable. L’attachement désorganisé n’est pas pathologique en soi, mais il représente un facteur de vulnérabilité à un trouble psychiatrique ultérieur. Dans ce contexte, le processus exploratoire peut alors questionner la recherche d’une sécurité alternative. Cependant, la création de nouveaux liens risque de se faire sur le même mode de schéma relationnel.

Dans ce contexte, la rencontre avec un tuteur de résilience est un préalable nécessaire au bon déroulement du processus d’autonomisation. Cette relation avec une figure d’attachement sécure a pour objectif d’expérimenter un autre fonctionnement relationnel et un autre rapport au monde que celui rencontré habituellement par l’adolescent. Cette expérience contribue à modifier les représentations du rapport à soi, à l’autre et au monde présentes chez l’adolescent dans une dimension sécure. Cela facilitera l’intégration d’une sécurité interne et l’investissement de nouveaux liens de qualité.


L’HTSMA permet d’expérimenter ce lien sécure avec le thérapeute comme tuteur de résilience transitoire. En prenant appui sur cette relation thérapeutique, l’adolescent sera alors en mesure de mobiliser ses propres ressources et capacités souvent verrouillées par l’insécurité dans laquelle il vit. L’internalisation de cette sécurité et la mobilisation de ses compétences permettront la remise en mouvement de processus figés liés à l’attachement désorganisé. Par exemple, cela facilitera l’apaisement de certains symptômes liés à cette insécurité du lien comme l’angoisse, les conduites à risque, les troubles des conduites alimentaires. Et cela permettra de rééquilibrer l’alternance entre exploration (découverte et nouvelles expériences) et attachement (intériorisation des capacités pour pouvoir les réutiliser ultérieurement).

De plus, en HTSMA, le travail se fait essentiellement autour d’un imaginaire partagé entre patient et thérapeute, en externalisant la problématique dans l’espace de thérapie. Cet espace de prise en charge ne vient pas directement questionner le récit autobiographique de l’adolescent et offre différentes manières de mettre en scène les difficultés rencontrées. Cela apparait souvent comme moins menaçant pour l’adolescent tant par la gêne de raconter son histoire que par la loyauté au système familial dysfonctionnant.


Dr Virginie BARDOT, psychiatre, pédopsychiatre, psychothérapeute

Mis en ligne le 27/11/2017